{"id":119,"date":"2024-08-06T20:50:52","date_gmt":"2024-08-06T20:50:52","guid":{"rendered":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/?p=119"},"modified":"2024-08-07T08:46:48","modified_gmt":"2024-08-07T08:46:48","slug":"filmer-la-crise-masculine-au-cinema","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/?p=119","title":{"rendered":"Filmer la crise masculine au cin\u00e9ma"},"content":{"rendered":"\n<p>J\u2019ai continu\u00e9 plus avant dans ma roulette russe des films regard\u00e9s au hasard sur Prime Video et je suis tomb\u00e9e dans une dimension irr\u00e9elle du cin\u00e9ma fran\u00e7ais. Une sorte de m\u00e9taphysique du film de l\u2019entre-jambes ou non plut\u00f4t de l\u2019entre-soi se dessinait \u00e0 moi. Des hommes paradant en cale\u00e7on sur des parquets lustr\u00e9s. Un cin\u00e9ma rigolard franchouillard d\u00e9velopp\u00e9 autour de th\u00e9ories bourgeoises et virilistes, dans lequel les hommes r\u00eavent de rester jeunes, ou bien des enfants. \u00c7a y est j\u2019utilise le mot bourgeois alors m\u00eame que je d\u00e9nonce ce mot. Je n\u2019aime pas les \u00e9tiquettes. Force est de constater que les deux films que je viens de regarder sont la d\u00e9finition m\u00eame de ce mot.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<div id=\"ez-toc-container\" class=\"ez-toc-v2_0_82_2 counter-hierarchy ez-toc-counter ez-toc-grey ez-toc-container-direction\">\r\n<div class=\"ez-toc-title-container\">\r\n<p class=\"ez-toc-title\" style=\"cursor:inherit\">Table of Contents<\/p>\r\n<span class=\"ez-toc-title-toggle\"><a href=\"#\" class=\"ez-toc-pull-right ez-toc-btn ez-toc-btn-xs ez-toc-btn-default ez-toc-toggle\" aria-label=\"Toggle Table of Content\"><span class=\"ez-toc-js-icon-con\"><span class=\"\"><span class=\"eztoc-hide\" style=\"display:none;\">Toggle<\/span><span class=\"ez-toc-icon-toggle-span\"><svg style=\"fill: #999;color:#999\" xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" class=\"list-377408\" width=\"20px\" height=\"20px\" viewBox=\"0 0 24 24\" fill=\"none\"><path d=\"M6 6H4v2h2V6zm14 0H8v2h12V6zM4 11h2v2H4v-2zm16 0H8v2h12v-2zM4 16h2v2H4v-2zm16 0H8v2h12v-2z\" fill=\"currentColor\"><\/path><\/svg><svg style=\"fill: #999;color:#999\" class=\"arrow-unsorted-368013\" xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" width=\"10px\" height=\"10px\" viewBox=\"0 0 24 24\" version=\"1.2\" baseProfile=\"tiny\"><path d=\"M18.2 9.3l-6.2-6.3-6.2 6.3c-.2.2-.3.4-.3.7s.1.5.3.7c.2.2.4.3.7.3h11c.3 0 .5-.1.7-.3.2-.2.3-.5.3-.7s-.1-.5-.3-.7zM5.8 14.7l6.2 6.3 6.2-6.3c.2-.2.3-.5.3-.7s-.1-.5-.3-.7c-.2-.2-.4-.3-.7-.3h-11c-.3 0-.5.1-.7.3-.2.2-.3.5-.3.7s.1.5.3.7z\"\/><\/svg><\/span><\/span><\/span><\/a><\/span><\/div>\r\n<nav><ul class='ez-toc-list ez-toc-list-level-1 ' ><ul class='ez-toc-list-level-5' ><li class='ez-toc-heading-level-5'><ul class='ez-toc-list-level-5' ><li class='ez-toc-heading-level-5'><ul class='ez-toc-list-level-5' ><li class='ez-toc-heading-level-5'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-1\" href=\"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/?p=119\/#Films_mentionnes_entre_autres\" >Films mentionn\u00e9s entre autres :<\/a><\/li><\/ul><\/li><\/ul><\/li><\/ul><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-2\" href=\"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/?p=119\/#Rock_and_roll\" >Rock and roll<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-3\" href=\"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/?p=119\/#Libre_et_assoupi\" >Libre et assoupi<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-4\" href=\"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/?p=119\/#Entre-soi_de_la_cuille\" >Entre-soi de la c*uille<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-5\" href=\"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/?p=119\/#Point_commun_des_films\" >Point commun des films<\/a><\/li><\/ul><\/nav><\/div>\r\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Films_mentionnes_entre_autres\"><\/span>Films mentionn\u00e9s entre autres :<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h5>\n\n\n\n<p>&#8211; <strong><em>Rock\u2019n\u2019roll<\/em><\/strong> de Guillaume Canet (2016)<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; <strong><em>Libre et assoupi <\/em><\/strong>de Benjamin Guedj (2013)<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Rock_and_roll\"><\/span><em>Rock and roll<\/em><span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<p>Dans&nbsp;<strong><em>Rock\u2019n\u2019roll<\/em><\/strong>&nbsp;et&nbsp;<strong><em>Libre et assoupi,&nbsp;<\/em><\/strong>deux films que j\u2019ai regard\u00e9s r\u00e9cemment, les r\u00f4les principaux sont respectivement attribu\u00e9s \u00e0 Guillaume Canet et \u00e0 Baptiste Lecaplain. Dans le premier, Guillaume Canet r\u00e9alise et signe le script tandis qu\u2019il joue son propre r\u00f4le dans un exercice r\u00e9flexif p\u00e9rilleux qui aurait pu le mettre directement dans la&nbsp;<em>no go zone<\/em>&nbsp;du cin\u00e9ma fran\u00e7ais. Dans le second film, Baptiste Lecaplain joue un petit branleur qui n\u2019en fiche pas une, ce n\u2019est pas moi qui le dit mais il se d\u00e9crit \u00e0 peu pr\u00e8s comme cela.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les deux longs m\u00e9trages, les deux r\u00f4les masculins traversent une crise virile, l\u2019un de la quarantaine et l\u2019autre de l\u2019apr\u00e8s fac. L\u00e0 o\u00f9 Guillaume Canet semble assumer la stature comique de son propre r\u00f4le, Baptiste Lecaplain a bizarrement l\u2019air de d\u00e9biter des phrases \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la plaque pour une publicit\u00e9 de dentifrice.<\/p>\n\n\n\n<p>Guillaume Canet s\u2019est \u00e9quip\u00e9 d\u2019une steadycam ou en tout cas d\u2019une cam\u00e9ra \u00e0 l\u2019\u00e9paule qui vibre et tremble en suivant l\u2019acteur dans ses d\u00e9boires au cin\u00e9ma. L\u2019image devrait en para\u00eetre plus r\u00e9aliste, c\u2019est en fait une mani\u00e8re de filmer qu\u2019on voit dans beaucoup de com\u00e9dies comme dans les s\u00e9ries comiques ou les&nbsp;<em>mockumentaries&nbsp;<\/em>(les parodies documentaires) tels que&nbsp;<strong><em>The Office<\/em><\/strong> ou&nbsp;<strong><em>Between Two Ferns<\/em><\/strong>, entre autres. Dans&nbsp;<strong><em>Libre et assoupi<\/em><\/strong>&nbsp;la cam\u00e9ra filme en plan fixe comme dans une pub pour fournisseur d\u2019acc\u00e8s \u00e0 internet.<\/p>\n\n\n\n<p>On connaissait d\u00e9j\u00e0 Canet pour&nbsp;<em><strong>Ne le dis \u00e0 personne<\/strong>&nbsp;<\/em>et&nbsp;<strong><em>Les petits mouchoirs&nbsp;<\/em>(<\/strong>entre autres) deux exercices de style diff\u00e9rents, et pas du tout semblables, l\u2019un lui ayant rapport\u00e9 la reconnaissance des pairs (r\u00e9compens\u00e9 aux C\u00e9sar), l\u2019autre lui ayant apport\u00e9 la reconnaissance du public (en millions de spectateurs).<\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019attendre alors de&nbsp;<strong><em>Rock\u2019n\u2019roll<\/em><\/strong>&nbsp;\u00e0 part un pastiche de la com\u00e9die am\u00e9ricaine \u00e0 la Woody Allen ? Parce que l\u00e0 o\u00f9 il excelle finalement c\u2019est dans l\u2019esp\u00e8ce de com\u00e9die transformiste qu\u2019il nous offre. En craignant de devenir ringard, l\u2019acteur Guillaume Canet (dans le film) op\u00e8re une transformation radicale et physique de sa personne. On n\u2019ose imaginer le temps pass\u00e9 aupr\u00e8s du maquilleur proth\u00e9siste\u2026 On dirait presque le chanteur The Weekend avec ses faux visages, ou bien des corps grim\u00e9s et travestis mais \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de&nbsp;<strong><em>Mrs Doubtfire<\/em><\/strong>&nbsp;ou de&nbsp;<strong><em>Tootsie<\/em><\/strong>. La virilit\u00e9 est un sujet courant \u00e0 Hollywood. Elle a donn\u00e9 lieu \u00e0 des films testost\u00e9ron\u00e9s comme&nbsp;<strong><em>Raging Bull<\/em><\/strong>, ou de fragiles<strong><em>&nbsp;Happiness Therapy&nbsp;<\/em><\/strong>ou bien encore de tr\u00e8s maladroits&nbsp;<strong><em>Ce que veulent les femmes<\/em><\/strong>, bien que beaucoup plus travaill\u00e9s sur cette fragilit\u00e9 masculine. Dans le genre, quelques films de crise adolescente et adulte sont parfois quelque peu meilleurs&nbsp;<strong><em>(Les Gamins,<\/em><\/strong>&nbsp;<strong><em>Les Beaux Gosses<\/em><\/strong>,&nbsp;<strong><em>Ted<\/em><\/strong>&nbsp;ou&nbsp;<strong><em>Nos pires voisins\u2026)<\/em><\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Libre_et_assoupi\"><\/span><em>Libre et assoupi <\/em><span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, Baptiste Lecaplain fait l\u2019exp\u00e9rience d\u2019une co-location avec une Charlotte Le Bon et un F\u00e9lix Moati rayonnants \u00e0 en devenir lourds. Il s\u2019appr\u00eate \u00e0 nous d\u00e9montrer qu\u2019on peut bien jouer en ne faisant rien dans un canap\u00e9, ce qui aujourd\u2019hui a donn\u00e9&nbsp;<strong><em>Bloqu\u00e9s<\/em><\/strong>&nbsp;sur Canal+ avec Orelsan et compagnie. Parler de la crise masculine est difficile d\u00e9sormais si on ne veut pas tomber dans la caricature. Que voulez-vous !<\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019il s\u2019agisse de Canet ou de Benjamin Guedj r\u00e9alisateur de&nbsp;<strong><em>Libre et assoupi,<\/em><\/strong>&nbsp;les deux films critiquent en quelque sorte les bobos au cin\u00e9ma. Seulement, les sc\u00e9narii ont le f\u00e2cheux d\u00e9savantage de d\u00e9montrer l\u2019inverse de ce qu\u2019ils d\u00e9noncent. Chez Guillaume Canet, dans son propre r\u00f4le entour\u00e9 d\u2019acteurs jouant leur propre r\u00f4le (Gilles Lellouche, Johnny Hallyday, Yvan Attal\u2026), le film \u00e9gr\u00e8ne des r\u00e9pliques respirant l\u2019entre-soi, ce dernier se gossant des couilles de Fran\u00e7ois Berl\u00e9and ou de la tronche de Pierre Niney remportant un C\u00e9sar. Or, combien de spectateurs peuvent comprendre les blagues cin\u00e9philes de Canet sur ses amis du cin\u00e9ma ? Personne \u00e0 part un petit cercle tr\u00e8s restreint d\u2019amateurs et amatrices des salles obscures lisant&nbsp;<strong><em>T\u00e9l\u00e9rama<\/em><\/strong>&nbsp;ou&nbsp;<strong><em>Les Cahiers du Cin\u00e9ma<\/em><\/strong>&nbsp;(et je me compte parmi eux).<\/p>\n\n\n\n<p>On sent alors qu\u2019on ne sort pas encore du milieu bobo parisien dont les deux films veulent s\u2019affranchir. Pourtant, il y a quelques propositions solaires et originales. Marion Cotillard est poussive \u00e0 telle point qu\u2019elle joue parfaitement l\u2019actrice folle et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e, adepte de la m\u00e9thode Lee Strasberg de&nbsp;<em>l\u2019Actors Studio<\/em>, s\u2019entra\u00eenant pour avoir l\u2019accent qu\u00e9b\u00e9cois afin de tourner dans le film du tr\u00e8s pris\u00e9 Xavier Dolan\u2026 c\u2019est peut-\u00eatre un r\u00f4le en or que lui a offert Guillaume Canet, qui lui fait interpr\u00e9ter celle vers qui est tourn\u00e9e toute l\u2019attention, \u00e0 qui revient tous les C\u00e9sar et les films \u00e0 Oscar, alors que lui d\u00e9p\u00e9rit dans des films r\u00e9gionalistes voire des t\u00e9l\u00e9films ennuyeux.<\/p>\n\n\n\n<p>Les deux films ont aussi le terrible d\u00e9faut de peindre des personnages t\u00eates \u00e0 claques. Guillaume Canet se fait lui-m\u00eame d\u00e9foncer par les fr\u00e8res Yvan et Alain Attal \u00e0 l\u2019\u00e9cran tandis que Lecaplain plane de mani\u00e8re absurde dans un Paris carte postale flanqu\u00e9 d\u2019une Charlotte Le Bon puis d\u2019une \u00ab&nbsp;Valentine Caillou&nbsp;\u00bb en mode Am\u00e9lie Poulain.<\/p>\n\n\n\n<p>Est-ce une histoire d\u2019immobilisme masculin ? La peur de vieillir et de ne plus rien faire au cin\u00e9ma. La peur de s\u2019ennuyer dans le monde du travail et de s\u2019engager. Voil\u00e0 les deux portraits que nous livrent ces films.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Guillaume Canet fait mine d\u2019avoir une obsession pour sa couille endolorie, tandis que Lecaplain et Moati parlent de branlette sur un canap\u00e9 rouge. Faire parler les hommes devrait \u00eatre int\u00e9ressant \u00e0 tout point de vue. \u00c7a pourrait m\u00eame d\u00e9peindre une certaine r\u00e9alit\u00e9. Et pouis en fait (oui, je prends l\u2019accent contagieux et tr\u00e8s mignon de Charlotte Le Bon), le tout fait FLOP !<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Entre-soi_de_la_cuille\"><\/span>Entre-soi de la c*uille<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;On est pas bien l\u00e0 ? D\u00e9contract\u00e9s du gland ?&nbsp;\u00bb Nous dit F\u00e9lix Moati d\u00e9ambulant en slip dans un mus\u00e9e. Cette passion pour les corps viriles, Canet l\u2019exprime aussi en sculptant le sien aussi mou qu\u2019un flambi au d\u00e9but du film. Celui-ci veut proposer une critique du monde consum\u00e9riste et mat\u00e9rialiste du cin\u00e9ma, qui le fait se sentir hors circuit et trop vieux pour des r\u00f4les de jeunes premiers\u2026 tandis que la r\u00e9alisation de Guedj avec Lecaplain veut bl\u00e2mer la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste et lib\u00e9rale pr\u00f4nant une vie de dure labeur. Doit-on suivre les diktats et les tendances ? Doit-on s\u2019\u00e9manciper des contraintes de la soci\u00e9t\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral ? Au d\u00e9part, chaque synopsis \u00e9tait prometteur. Mais les deux finissent par s\u2019enliser dans un dr\u00f4le d\u2019entre-soi prot\u00e9g\u00e9, sans jamais fr\u00f4ler le risque de vivre \u00e0 la marge comme c\u2019est le cas de tant de gens. Car on peut se poser la question : y a-t-il r\u00e9ellement un risque pour un homme de vieillir ou d\u2019entrer dans la vie adulte ? La r\u00e9ponse est bien s\u00fbr que ce sera toujours plus difficile pour une femme que pour un homme cis aujourd\u2019hui.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;IL FAUT FAIRE COMME TOUT LE MONDE&nbsp;\u00bb, voil\u00e0 ce que les films veulent d\u00e9noncer. Une forme d\u2019oppression peu cr\u00e9dible sur des hommes de cet acabit. En v\u00e9rit\u00e9, on assiste presque \u00e0 un \u00e9chec des deux films dans ce qu\u2019ils souhaitent d\u00e9noncer, m\u00eame si les deux ont des qualit\u00e9s qu\u2019il ne faut pas ignorer, bien qu\u2019ils fr\u00f4lent l\u2019autosatisfaction.<\/p>\n\n\n\n<p>La transformation physique de Guillaume Canet est d\u00e9rangeante et j\u2019avais moi-m\u00eame du mal \u00e0 accepter son corps et son visage, au croisement d\u2019un David Hasselhoff ou d\u2019un Jean Claude Van Damme ayant rat\u00e9 leurs injections. Pourtant, c\u2019est la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du film qui est la plus originale, par rapport \u00e0 sa crise existentielle \u00e0 base de coca\u00efne et de fesses dans la premi\u00e8re partie. J\u2019aurais souhait\u00e9 que le film ressemble plus \u00e0 la s\u00e9quence de fin aupr\u00e8s des crocodiles\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Dans&nbsp;<strong><em>Libre et assoupi,<\/em><\/strong>&nbsp;les acteurs paraissent s\u2019\u00e9mouvoir dans des sketchs distincts et sans rapport les uns avec les autres. Enfin s\u2019\u00e9mouvoir est un bien grand mot. Sorte de&nbsp;<strong><em>Tanguy<\/em><\/strong>&nbsp;b\u00e2cl\u00e9 sans les parents, ou d\u2019<strong><em>Auberge espagnole&nbsp;<\/em><\/strong>ronronnante sous Valium, Lecaplain n\u2019a pas l\u2019air de comprendre dans quoi il s\u2019est fourr\u00e9 lui-m\u00eame. \u00c0 la limite, on croirait regarder une s\u00e9rie B d\u2019AB productions du temps jadis. Ce qui est int\u00e9ressant sociologiquement parlant, c\u2019est que Lecaplain fait mine de se moquer du nom de la commune Rueil Malmaison, dans laquelle il doit postuler, alors m\u00eame qu\u2019il a l\u2019air de sortir d\u2019une famille bobo du 16\u00e8me arrondissement. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019appara\u00eet Denis Podalyd\u00e8s jouant Richard, fran\u00e7ais moyen, assistant social \u00e0 l\u2019agence nationale pour l\u2019emploi\u2026 doit-on penser qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une blague du r\u00e9alisateur ?? Peut-\u00eatre pas car c\u2019est l\u00e0 la seule touche irr\u00e9v\u00e9rencieuse du long m\u00e9trage, surtout lorsqu\u2019il&nbsp; \u00e9nonce \u00e0 Lecaplain que peut-\u00eatre le probl\u00e8me c\u2019est que sa vie ne l\u2019amuse plus. Lecaplain r\u00e9pond : Y avait pas une femme \u00e0 poil dans votre histoire ?\u2026&nbsp;car oui la crise de la virilit\u00e9 passe aussi par l\u2019immaturit\u00e9 dans les deux m\u00e9trages. Quelques r\u00f4les sont tr\u00e8s int\u00e9ressants (Jean Michel Lahmi dans&nbsp;<strong><em>Libre et Assoupi,<\/em><\/strong>&nbsp;Camille Rowe dans&nbsp;<strong><em>Rock\u2019n\u2019roll\u2026<\/em><\/strong>)<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Point_commun_des_films\"><\/span>Point commun des films<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<p>Les deux films ont le point commun de surjouer et de s\u2019enfoncer dans un style outrageusement path\u00e9tique. Je f\u00e9licite tout de m\u00eame Canet pour sa performance compliqu\u00e9e que je qualifierai de crise \u00e9gocentr\u00e9e ext\u00e9rioris\u00e9e partag\u00e9e avec sa compagne Marion Cotillard. Le film peut sembler parfois jubilatoire, malgr\u00e9 le c\u00f4t\u00e9 ronflant et pantouflard d\u00e8s les premi\u00e8res minutes. Quant \u00e0 la fin de&nbsp;<strong><em>Libre et assoupi,&nbsp;<\/em><\/strong>cette fois on dirait une publicit\u00e9 pour une assurance. Si je devais n\u2019en conseiller qu\u2019un je dirais, regardez&nbsp;<strong><em>Rock\u2019n\u2019roll<\/em><\/strong>\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Alors que dans&nbsp;<strong><em>Libre et assoupi<\/em><\/strong>&nbsp;Denis Podalyd\u00e8s d\u00e9bite une liste \u00e0 la Pr\u00e9vert sur sa vie banale et chiante, sorte de parodie humiliante de ce que vivent plus de&nbsp;<a href=\"tel:40 000 000\">40 000 000<\/a>&nbsp;de Fran\u00e7ais et de Fran\u00e7aises tous les jours, je finis par me demander : le cin\u00e9ma est-il \u00e0 ce point d\u00e9connect\u00e9 de la r\u00e9alit\u00e9 ? Dans le pr\u00e9c\u00e9dent article je me demandais si le cin\u00e9ma&nbsp;<em>frenchy<\/em>&nbsp;\u00e9tait d\u00e9solant\u2026 La question, je crois qu\u2019elle est vite r\u00e9pondue. \u00c0 vous les studios (qui a la r\u00e9f ??)\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Sign\u00e9 Tassa<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je vous parle de comment la crise masculine est film\u00e9e au cin\u00e9ma \u2026 [spoiler : c\u2019est pas ouf]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,4],"tags":[20,30,8,5],"class_list":["post-119","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-cinema","category-edito","tag-cine-l","tag-cine-r","tag-cinema","tag-edito"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/119","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=119"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/119\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":161,"href":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/119\/revisions\/161"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=119"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=119"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=119"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}