{"id":1530,"date":"2026-07-27T11:51:53","date_gmt":"2026-07-27T11:51:53","guid":{"rendered":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/?p=1530"},"modified":"2026-07-27T11:51:55","modified_gmt":"2026-07-27T11:51:55","slug":"20260727_le-sens-de-la-fete-film","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/?p=1530","title":{"rendered":"20260727_Le sens de la f\u00eate (film)"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Film orchestre aux multiples personnages, <em><strong>Le sens de la f\u00eate<\/strong><\/em> (Olivier Nakache et Eric Toledano, 2017) prend la perspective traditionnelle du film de mariage du cin\u00e9ma fran\u00e7ais. Il y avait d\u00e9j\u00e0 eu <em><strong>Mariages !<\/strong><\/em>, un film fran\u00e7ais r\u00e9alis\u00e9 par Val\u00e9rie Guignabodet sorti en France en 2004. Ce dernier bon chic bon genre, mais g\u00e9nial dans son explositivit\u00e9, prenait malheureusement le parti de la passion amoureuse, excusant la violence masculine et misogyne jusqu&rsquo;au bout. Il y a aussi eu <strong><em>Jour J <\/em><\/strong>(2017), <strong><em>Plan de Table<\/em><\/strong> (2012) et <strong><em>Le Discours<\/em><\/strong> (2020), films, moins sur le mariage, que sur l&rsquo;habituelle confrontation et discussion exub\u00e9rantes autour d&rsquo;un repas. <strong><em>Le sens de la f\u00eate<\/em><\/strong> ne d\u00e9roge pas \u00e0 la r\u00e8gle. On entend crier, hurler, les invectives volent, les insultes aussi. Tout est tr\u00e8s fran\u00e7ais. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Synopsis de wikip\u00e9dia : Max est traiteur depuis trente ans. Des f\u00eates, il en a organis\u00e9es des centaines. Aujourd&rsquo;hui c&rsquo;est un sublime mariage dans un ch\u00e2teau du 17e si\u00e8cle, un de plus, celui de Pierre et H\u00e9l\u00e9na. Comme d&rsquo;habitude, Max a tout coordonn\u00e9, mais la loi des s\u00e9ries va venir bouleverser un planning sur le fil o\u00f9 chaque moment de bonheur et d&rsquo;\u00e9motion risque de se transformer en d\u00e9sastre ou en chaos. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce qui fait la diff\u00e9rence, ce sont les dialogues tr\u00e8s cisel\u00e9s. Il n&rsquo;y a pas de temps mort, contrairement \u00e0 beaucoup de films fran\u00e7ais. A chaque instant, une r\u00e9plique fuse, un regard en coin, une id\u00e9e sc\u00e9naristique brillante, ne c\u00e9dant pas \u00e0 la facilit\u00e9 du \u00ab\u00a0d\u00e9j\u00e0-vu\u00a0\u00bb, pour proposer la perspective la plus r\u00e9jouissante qui soit : afin d&rsquo;\u00e9viter le film 100% bobo bourgeois, Toledano et Nakache prennent le point de vue d&rsquo;un organisateur de mariage. Max et son \u00e9quipe de triples bras cass\u00e9s. Chacun et chacune voit son personnage \u00e9toff\u00e9 d&rsquo;une sorte d&rsquo;aura du pire caract\u00e8re, de la pire histoire, pour tirer, en fin de compte, son \u00e9pingle du jeu.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Point de discours sous-jacents libidineux ou moralisateurs, juste, le regard de Max \u00e0 la toute fin, r\u00f4le brillamment interpr\u00e9t\u00e9 par Jean-Pierre Bacri. Si j&rsquo;ai parl\u00e9 de film orchestre au d\u00e9but, c&rsquo;est que, plus encore qu&rsquo;un film choral \u00e0 casting cinq \u00e9toiles, dont on nous rabache souvent les oreilles dans le cin\u00e9ma hexagonal, <em><strong>Le sens de la f\u00eate <\/strong><\/em>se joue en fonction d&rsquo;un rythme bien pr\u00e9cis : musique pr\u00e9pond\u00e9rante, m\u00eame lorsuqu&rsquo;on entend l&rsquo;aga\u00e7ant (c&rsquo;est expr\u00e8s) Gilles Lellouche, film divis\u00e9 en s\u00e9quence comme au th\u00e9\u00e2tre selon un d\u00e9coupage horaire cadenc\u00e9, personnages en mouvements, jonglant avec la situation pourtant in\u00e9vitablement restreinte du lieu du mariage&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et surtout&#8230; <strong><em>Le sens de la f\u00eate <\/em><\/strong>n&rsquo;est pas tant un film sur le mariage qu&rsquo;un film sur le cin\u00e9ma. C&rsquo;est toujours le probl\u00e8me lorsque des r\u00e9alisateurs rencontrent un succ\u00e8s fou (<strong><em>Intouchables !), <\/em><\/strong>on se demande ce qu&rsquo;ils vont encore inventer pour exister. Bien souvent, ils finissent par se \u00ab\u00a0regarder\u00a0\u00bb filmer. On ne compte plus les films nombrilistes ! (<a href=\"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/?p=119\">coucou Guillaume Canet<\/a>). Ce film aurait pu \u00eatre le film autocentr\u00e9 de Nakache et Toledano, mais, subtilement ils \u00e9gr\u00e8nent de l\u00e9gers indices au sein du long m\u00e9trage :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Max, c&rsquo;est le cin\u00e9aste, le metteur en sc\u00e8ne, qui g\u00e8re l&rsquo;ing\u00e9rable, le cin\u00e9ma de bric et de broc, celui qu&rsquo;on aime, le cin\u00e9 des cinoches, des cin\u00e9philes; fait de bouts de ficelles. Max s&rsquo;accroche \u00e0 la confiance qu&rsquo;il porte \u00e0 son \u00e9quipe, toutefois, son \u00e9quipe se d\u00e9chire, refuse de porter des costumes qui sentent le renferm\u00e9, la poussi\u00e8re, le vieux film d\u00e9suet, ringard, le sp\u00e9cialiste de la photographie (camp\u00e9 par Jean-Paul Rouve) refuse la modernit\u00e9, les t\u00e9l\u00e9phones portables, la technologie, les nouvelles fa\u00e7ons de faire ; son chanteur est plus d\u00e9mod\u00e9 encore. Gilles Lellouche hurle plus qu&rsquo;il ne chante: c&rsquo;est le com\u00e9dien bourru qu&rsquo;on essaye de faire entrer dans le cadre alors que son temp\u00e9rament est temp\u00e9tueux, et que les paparazzi attendent au coin de la rue \u00e0 la prochaine incartade. Il y a \u00e9galement le stagiaire, qui voit d\u00e9filer devant ses yeux la dure r\u00e9alit\u00e9 du monde professionnel. On trouve aussi l&rsquo;acteur r\u00e2t\u00e9 qui n&rsquo;assume pas son r\u00f4le (Vincent Macaigne, excellent comme toujours).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Autre parall\u00e8le : c&rsquo;est Ad\u00e8le, jou\u00e9e par Eye Ha\u00efdara, excellente actrice, assistante du chef, qui veut une promotion, mais ne sait pas g\u00e9rer ses \u00e9motions. Elle cherche, dans ce monde de fou, \u00e0 louvoyer pour que le fil du film se d\u00e9roule correctement. En tenant les ficelles des marionnettes autour d&rsquo;elle, elle finit par l\u00e2cher prise, et \u00e0 comprendre o\u00f9 se trouve la v\u00e9ritable \u00e9motion.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Parmi les invit\u00e9s des mari\u00e9s, on trouve aussi les vieux oncles et tantes ou vieux amis de la famille qui r\u00e9clament \u00e0 coeur perdu des chansons surann\u00e9es, d\u00e9j\u00e0 depuis longtemps d\u00e9pass\u00e9es, et que m\u00eame ma m\u00e8re ne conna\u00eet pas. C&rsquo;est le camp du cin\u00e9ma d&rsquo;antan. L&rsquo;on sent que Nakache et Toledano refusent tout de m\u00eame le d\u00e9ploiement de nostalgie au cin\u00e9ma. Ils restent ancr\u00e9s dans quelque chose de r\u00e9solument contemporain, sans verser dans le \u00ab\u00a0cin\u00e9ma du futur\u00a0\u00bb. Ce n&rsquo;est pas tout \u00e0 fait le cin\u00e9ma \u00ab\u00a0social\u00a0\u00bb, le film \u00ab\u00a0de gens\u00a0\u00bb, c&rsquo;est un film miroir, tourn\u00e9 vers le pr\u00e9sent, qui ne sait pas de quoi l&rsquo;avenir est fait. <strong><em>Le sens de la f\u00eate<\/em><\/strong> gravite autour d&rsquo;un casting os\u00e9, talentueux, se moquant aussi de la famille des mari\u00e9s, les commanditaires, en quelque sorte&#8230; les producteurs (au sens fran\u00e7ais du terme) ou financeurs. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lorsque le mari\u00e9, Benjamin Lavernhe fait un discours de plus d&rsquo;1h sur lui-m\u00eame et s&rsquo;envole en ballon dans le ciel de la nuit \u00e9toil\u00e9e, la parenth\u00e8se est referm\u00e9e, mais le pied dans la porte la laisse entrouverte : le cin\u00e9ma, lorsqu&rsquo;il essaie de correspondre aux attentes des grands financiers, se perd parfois dans les limbes du gigantisme et si le public applaudit, \u00e9merveill\u00e9, le film, lui, perd de son charme. Il reprend vite de son piment lorsque le vernis craque, qu&rsquo;apparaissent les failles et que l&rsquo;ego-trip est termin\u00e9. Tout compte fait, quand les acteurs et les membres de l&rsquo;\u00e9quipe improvisent, tout deveint croustillant. Le financier est envoy\u00e9 valdinguer dans un champ. Le cordon ombilical du producteur autoritaire est rompu. Max, le cin\u00e9aste, et son \u00e9quipe de pieds nickel\u00e9s, prennent le contr\u00f4le car ils sont les \u00ab\u00a0vrais gens\u00a0\u00bb dans ce d\u00e9cor de pacotille et tout le monde se r\u00e9concilie, ou presque, puisque les cons restent des cons. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le film n&rsquo;est jamais meilleur que lorsque qu&rsquo;il op\u00e8re c\u00f4t\u00e9 coulisse et que les parties cens\u00e9es \u00eatre \u00e9l\u00e9gantes du ch\u00e2teau sont film\u00e9es dans des angles \u00e9tranges ou bien lorsque, pour \u00e9viter un contr\u00f4le fiscal sur ses travailleurs non d\u00e9clar\u00e9s, Max leur propose de se m\u00e9langer parmi les invit\u00e9s, en quittant leur costume de laquais. En se fondant dans le d\u00e9cor, ils prennent une place d&rsquo;ampleur. L\u00e0 o\u00f9 la catastrophe devait arriver arrive le miracle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Bravo \u00e0 Nakache et Toledano.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Film orchestre aux multiples personnages, Le sens de la f\u00eate (Olivier Nakache et Eric Toledano, 2017) prend la perspective traditionnelle du film de mariage du cin\u00e9ma fran\u00e7ais. Il y avait d\u00e9j\u00e0 eu Mariages !, un film fran\u00e7ais r\u00e9alis\u00e9 par Val\u00e9rie Guignabodet sorti en France en 2004. 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