{"id":354,"date":"2024-08-07T23:07:51","date_gmt":"2024-08-07T23:07:51","guid":{"rendered":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/?p=354"},"modified":"2024-08-07T23:07:51","modified_gmt":"2024-08-07T23:07:51","slug":"jai-vu-la-dolce-vita-de-federico-fellini-cycle-de-films-sur-la-decadence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/?p=354","title":{"rendered":"[J\u2019ai vu] La Dolce Vita de Federico Fellini (cycle de films sur la d\u00e9cadence)"},"content":{"rendered":"\n<p>Publi\u00e9 le&nbsp;6 septembre 2018&nbsp;par Tassa<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"480\" height=\"224\" src=\"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/fontanaditrevi-trevi.gif\" class=\"wp-image-353\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>Bonsoir chers lecteurs et ch\u00e8res lectrices,<\/p>\n\n\n\n<p>ce soir voici une petite analyse de film. J\u2019ai une petite liste de longs m\u00e9trages que je veux absolument d\u00e9couvrir ou revoir, celle dans le recueil d\u2019Olivier Souillard, par ailleurs&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.unefrancaisedanslalune.fr\/2018\/08\/ecran-lyrique-d-olivier-souillard-poesie-et-cinema.html\">chroniqu\u00e9 ici<\/a>&nbsp; et qui peut tr\u00e8s bien remplacer ma longue analyse personnelle&nbsp;pleine de mots inutiles, s\u00fbrement.&nbsp;<strong>Mais surtout, j\u2019avais envie d\u2019entamer une petite liste de films sur le th\u00e8me de la \u00ab&nbsp;d\u00e9cadence&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/strong>Je vous laisse imaginer quel type de films peut entrer dans cette cat\u00e9gorie, mais je vous donne d\u00e9j\u00e0 quelques indices : Nick Carraway, Wilder, Rosebud, Elizabeth Vogler\u2026 A vous de retrouver les titres des films!&nbsp;Selon l\u2019acceptation laroussienne du terme, d\u00e9cadence signifie :&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>\u00c9tat d\u2019une civilisation, d\u2019une culture, d\u2019une entreprise, etc., qui perd progressivement de sa force et de sa qualit\u00e9 ; commencement de la chute, de la d\u00e9gradation : Entrer en d\u00e9cadence. P\u00e9riode historique correspondant au d\u00e9clin politique d\u2019une civilisation.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<div id=\"ez-toc-container\" class=\"ez-toc-v2_0_82_2 counter-hierarchy ez-toc-counter ez-toc-grey ez-toc-container-direction\">\r\n<div class=\"ez-toc-title-container\">\r\n<p class=\"ez-toc-title\" style=\"cursor:inherit\">Table of Contents<\/p>\r\n<span class=\"ez-toc-title-toggle\"><a href=\"#\" class=\"ez-toc-pull-right ez-toc-btn ez-toc-btn-xs ez-toc-btn-default ez-toc-toggle\" aria-label=\"Toggle Table of Content\"><span class=\"ez-toc-js-icon-con\"><span class=\"\"><span class=\"eztoc-hide\" style=\"display:none;\">Toggle<\/span><span class=\"ez-toc-icon-toggle-span\"><svg style=\"fill: #999;color:#999\" xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" class=\"list-377408\" width=\"20px\" height=\"20px\" viewBox=\"0 0 24 24\" fill=\"none\"><path d=\"M6 6H4v2h2V6zm14 0H8v2h12V6zM4 11h2v2H4v-2zm16 0H8v2h12v-2zM4 16h2v2H4v-2zm16 0H8v2h12v-2z\" fill=\"currentColor\"><\/path><\/svg><svg style=\"fill: #999;color:#999\" class=\"arrow-unsorted-368013\" xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" width=\"10px\" height=\"10px\" viewBox=\"0 0 24 24\" version=\"1.2\" baseProfile=\"tiny\"><path d=\"M18.2 9.3l-6.2-6.3-6.2 6.3c-.2.2-.3.4-.3.7s.1.5.3.7c.2.2.4.3.7.3h11c.3 0 .5-.1.7-.3.2-.2.3-.5.3-.7s-.1-.5-.3-.7zM5.8 14.7l6.2 6.3 6.2-6.3c.2-.2.3-.5.3-.7s-.1-.5-.3-.7c-.2-.2-.4-.3-.7-.3h-11c-.3 0-.5.1-.7.3-.2.2-.3.5-.3.7s.1.5.3.7z\"\/><\/svg><\/span><\/span><\/span><\/a><\/span><\/div>\r\n<nav><ul class='ez-toc-list ez-toc-list-level-1 ' ><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-1\" href=\"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/?p=354\/#Le_film_de_1960\" >Le film de 1960<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-2\" href=\"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/?p=354\/#Un_film_froid_de_Fellini\" >Un film froid de Fellini<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-3\" href=\"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/?p=354\/#Filmer_la_decadence\" >Filmer la d\u00e9cadence<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-4\" href=\"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/?p=354\/#En_montrant_des_scenes_festives_de_debauche\" >En montrant des sc\u00e8nes festives de d\u00e9bauche<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-5\" href=\"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/?p=354\/#Magistralement_ordinaire\" >Magistralement ordinaire<\/a><\/li><\/ul><\/nav><\/div>\r\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Le_film_de_1960\"><\/span>Le film de 1960<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<p>La&nbsp;<strong>Dolce Vita&nbsp;<\/strong>est un film de 1960, r\u00e9alis\u00e9 par Federico Fellini (italien).<strong>&nbsp;D\u2019un noir et blanc somptueux, il nous embarque dans les vir\u00e9es de Marcello Rubini interpr\u00e9t\u00e9 par le magnifique Marcello Mastroianni.&nbsp;<\/strong>Si les images les plus cultes qui sont rest\u00e9es dans nos m\u00e9moires sont celles d\u2019Anita Ekberg et son blond v\u00e9nitien dans la fontaine de Trevi, proche d\u2019une V\u00e9nus italienne de la Renaissance, c\u2019est&nbsp;l\u2019enti\u00e8ret\u00e9 du film qui est d\u2019un sublime fr\u00f4lant la perfection.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est donc la seconde fois que je m\u2019attache \u00e0 revoir ce film. Cette fois-ci enti\u00e8rement doubl\u00e9 en fran\u00e7ais, tandis que la premi\u00e8re fois je l\u2019avais vu en italien sous-titr\u00e9 en fran\u00e7ais, ce qui, certainement, avait bouscul\u00e9 ma fa\u00e7on de regarder l\u2019image.&nbsp;<strong>Car l\u2019image, c\u2019est ici ce qu\u2019il y a de plus important, d\u2019essentiel.&nbsp;<\/strong>Plut\u00f4t que de donner un \u00e9ventuel sentiment que l\u2019image desserve une histoire, le synopsis du film, enfin du moins, le pitch de d\u00e9part est quasi inexistant puisque le film propose une s\u00e9rie de vignettes presque ind\u00e9pendantes les unes des autres.&nbsp;<strong>Pourtant une chose unit tout le reste : la beaut\u00e9 des sc\u00e8nes.&nbsp;<\/strong>Chaque sc\u00e8ne est une oeuvre d\u2019art, chaque sc\u00e8ne est un tableau soigneusement arrang\u00e9, dispos\u00e9, compos\u00e9, superpos\u00e9, que ce soit par la splendeur du cadrage de grands b\u00e2timents, par la disposition des paparazzi, par le reflet des personnages, leur mani\u00e8re de se mouvoir, toute la mise en sc\u00e8ne se rapproche de celle de plusieurs grands tableaux, pens\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 l\u2019extr\u00eame perfectionnisme, voire mani\u00e9risme, car le r\u00e9alisme s\u2019en \u00e9chappe largement pour finalement venir vous frapper dans une sorte de r\u00e9alisme \u00e0 l\u2019exc\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Un_film_froid_de_Fellini\"><\/span>Un film froid de Fellini<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Cependant, le film laisse peu de place \u00e0 l\u2019\u00e9motion.&nbsp;<\/strong>Il n\u2019y a d\u2019ailleurs pas de suspense. Fellini n\u2019a pas recours aux astucieuses contraintes et ficelles cin\u00e9matographiques et sc\u00e9naristiques d\u2019un Alfred Hitchcock dans&nbsp;<strong><em>Psychose<\/em><\/strong>. Ici point de gros plans, de plans serr\u00e9s sur le visage \u00e9mu des personnages, mais \u00e0 chaque fois que l\u2019\u00e9motion semble \u00e9clore, la cam\u00e9ra prend le contrepied de ce qui est attendu conventionnellement. Ainsi, lorsque le p\u00e8re de Marcello et Marcello Rubini sortent de l\u2019appartement d\u2019une femme qu\u2019ils ont crois\u00e9e au cabaret, ils sortent de dos, et la solitude et la tristesse de la femme en question est film\u00e9e de loin, sur le pas&nbsp;de la porte, et les adieux au p\u00e8re film\u00e9s du haut d\u2019une fen\u00eatre sans dialogue.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>D\u2019autres sc\u00e8nes d\u2019\u00e9motions sont tourn\u00e9es \u00e9trangement, comme la sc\u00e8ne de \u00ab&nbsp;rupture&nbsp;\u00bb &nbsp;violente entre Marcello et sa petit amie Emma dans la voiture, la nuit,&nbsp;<\/strong>sur le bas c\u00f4t\u00e9 d\u2019une route, \u00e9clair\u00e9e comme dans un spectacle. Les personnages sont souvent film\u00e9s de dos et l\u2019on voit peu l\u2019expression de leur visage, ou simplement de profil, pourtant la tension est palpable. Autre tour de force, le personnage principal de Marcello est seulement de passage dans le film, \u00e0 travers diff\u00e9rents \u00e9pisodes d\u00e9cousus de sa vie. Il semble au d\u00e9part peu acteur de sa propre vie, il int\u00e8gre des f\u00eates priv\u00e9es, a ses entr\u00e9es partout, comme il le dit lui-m\u00eame, mais il para\u00eet n\u2019\u00eatre n\u2019y satisfait, ni insatisfait. Or, la satisfaction d\u2019un d\u00e9sir inassouvi est la caract\u00e9ristique premi\u00e8re d\u2019un film type \u00ab&nbsp;hollywoodien&nbsp;\u00bb.&nbsp;<strong>Les questions existentielles de Marcello ne trouvent presque jamais de r\u00e9ponse claire,<\/strong>&nbsp;m\u00eame aupr\u00e8s de son ami Steiner, d\u2019une po\u00e9tesse, de sa compagne ou de son p\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Filmer_la_decadence\"><\/span>Filmer la d\u00e9cadence <span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Ici, la d\u00e9cadence est celle du d\u00e9clin d\u2019un personnage comme celui de Marcello, qui finit par voir la frustration partout, aussi bien dans l\u2019envie de se \u00ab&nbsp;s\u00e9dentariser&nbsp;\u00bb, se \u00ab&nbsp;poser&nbsp;\u00bb, tout en ayant la sensation de ne pas vivre pleinement la vie et de devoir jouir de celle-ci ind\u00e9finiment.&nbsp;<\/strong>Ce malheur tangible est aussi dans les yeux de Magdalena jou\u00e9e par Anouk Aim\u00e9e, dans le r\u00f4le de la femme \u00ab&nbsp;primaire&nbsp;\u00bb, femme fatale qui n\u2019assouvit que le d\u00e9sir sexuel&nbsp;de Marcello. Le d\u00e9sespoir est \u00e9galement pr\u00e9sent chez Sylvia, la belle blonde superstar. Sa na\u00efvet\u00e9 est soulign\u00e9e par la sc\u00e8ne avec le petit chaton et celle-ci est contagieuse puisque Marcello croit \u00ab&nbsp;na\u00efvement&nbsp;\u00bb qu\u2019il a trouv\u00e9 l\u2019amour de sa vie en l\u2019incarnation parfaite de cette femme finalement tr\u00e8s superficielle, maltrait\u00e9e par son compagnon.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, la sc\u00e8ne de la d\u00e9claration d\u2019amour \u00e0 Anouk Aim\u00e9e dans la villa est compl\u00e8tement tourn\u00e9e \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de nos attentes :<strong>&nbsp;l\u2019actrice \u00e9coute Marcello d\u2019une autre pi\u00e8ce, il n\u2019y a m\u00eame pas de fil de t\u00e9l\u00e9phone qui les relie, ils ne se regardent pas, se parlent uniquement, avec l\u2019\u00e9cho de la pi\u00e8ce rendue froide par l\u2019absence et la solitude.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mais la quintessence de cette tristesse et de ce mal\u00eatre, c\u2019est la vie de Steiner,<\/strong>&nbsp;l&rsquo;&nbsp;\u00bbami&nbsp;\u00bb de Marcello, qui trouvera une issue fatale. Fellini pourrait vouloir pointer du doigt ici la vacuit\u00e9 de la vie et se moquer&nbsp;du train train quotidien, n\u00e9anmoins, tout le film n\u2019est qu\u2019une s\u00e9rie de sc\u00e8nes plut\u00f4t \u00ab&nbsp;banales&nbsp;\u00bb de la vie d\u2019un f\u00eatard italien, entre les sc\u00e8nes de jalousie avec sa fianc\u00e9e Emma, la sc\u00e8ne du d\u00eener avec son p\u00e8re, les sc\u00e8nes en voiture, les sc\u00e8nes o\u00f9 il est cens\u00e9 travailler\u2026<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"En_montrant_des_scenes_festives_de_debauche\"><\/span>En montrant des sc\u00e8nes festives de d\u00e9bauche<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Malgr\u00e9 tout, toutes ces sc\u00e8nes \u00e0 l\u2019allure peu originale, sont entrecoup\u00e9es de sc\u00e8nes de liesse, de f\u00eates, de joie, de danse, sc\u00e8nes de cabaret, sc\u00e8nes de d\u00e9bauche&nbsp;<\/strong>dans une soir\u00e9e trop alcoolis\u00e9e, sc\u00e8nes chor\u00e9graphi\u00e9es, sc\u00e8nes qui miment l\u2019acte orgiaque&nbsp;\u2026 c\u2019est le corps qui prend forme, qui, au lieu de s\u2019\u00e9mouvoir, se laisse aller, sous l\u2019emprise de l\u2019alcool, dans des transes d\u00e9jant\u00e9es, c\u2019est le moment o\u00f9 l\u2019esprit quitte le corps,<strong>&nbsp;o\u00f9 toute rationalit\u00e9 dispara\u00eet. La spiritualit\u00e9 part en fuite par la m\u00eame occasion<\/strong>. Toute sc\u00e8ne est pr\u00e9texte \u00e0 spectacle, d\u00e9senchant\u00e9, d\u00e9sincarn\u00e9. Les corps s\u2019entrem\u00ealent, se croisent, se chevauchent, il n\u2019y a plus v\u00e9ritablement d\u2019individualit\u00e9. lI n\u2019y a plus d\u2019attachement, plus de lien&nbsp;: le p\u00e8re de Marcello s\u2019en va, la femme \u00e0 la fin du film a divorc\u00e9, Magdalena finit dans les bras d\u2019un autre, une jeune fille fait des signes \u00e0 Marcello sur un banc de sable s\u00e9par\u00e9 par de l\u2019eau et ils ne peuvent s\u2019entendre, etc.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Cette d\u00e9cadence des corps et de l\u2019esprit est figur\u00e9e par la premi\u00e8re image qui ouvre le film, lors de laquelle un Christ survole la ville<\/strong>, d\u00e9tach\u00e9 de son pi\u00e9destal, image ensuite suivie, presque superpos\u00e9e \u00e0 celle d\u2019un homme d\u00e9guis\u00e9 en une sorte de divinit\u00e9 asiatique dansante, se donnant en spectacle lors d\u2019une soir\u00e9e. Ce qui est sacr\u00e9 n\u2019est plus, les idoles sont des femmes. Et les femmes sont tr\u00e8s pr\u00e9sentes dans le film de Fellini. Chacune d\u2019entre elles est comme une partie de Marcello, l\u2019une bestiale, l\u2019autre obsessionnelle, l\u2019une intellectuelle, l\u2019autre mat\u00e9rialiste, l\u2019une na\u00efve et l\u2019autre enfantine.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>A la fin du film, on est comme \u00e9bloui par tant de beaut\u00e9.&nbsp;<\/strong>On se questionne aussi sur ce m\u00e9tier de journaliste que Marcello dit endosser, qui se transforme en \u00ab&nbsp;publicitaire&nbsp;\u00bb \u00e0 la fin du long m\u00e9trage, sur les paparazzi group\u00e9s en masse comme des insectes sans aucun scrupule ni sentiment. Ce film questionne l\u2019image, il est sans cesse en qu\u00eate de la perfection picturale \u00e0 l\u2019inverse de la photographie d\u2019un paparazzo prise sur le vif sans aucune r\u00e9flexion. Il questionne la v\u00e9rit\u00e9, et ses \u00e9ventuelles d\u00e9formations, avec notamment les sc\u00e8nes de fanatisme sur l\u2019apparition de la Vierge Marie \u00e0 des enfants, \u00e0 travers les yeux de journalistes assoiff\u00e9s d\u2019exclusivit\u00e9 et de sensationnel.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Magistralement_ordinaire\"><\/span>Magistralement ordinaire <span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Finalement ce film est magistral, il grime la plupart des visages sous des masques, des voiles, du maquillage,&nbsp;<\/strong>il transforme les \u00e9motions en non-\u00e9motions, il capture une image si bien transform\u00e9e en des mises en sc\u00e8nes \u00e9labor\u00e9es qui ne sortent pourtant pas de l\u2019ordinaire, s\u2019invitant dans le quotidien des gens, comme dans le HLM d\u2019une \u00ab&nbsp;prostitu\u00e9e&nbsp;\u00bb, dans la salle d\u2019examen d\u2019un m\u00e9decin, etc., il fait de la \u00ab&nbsp;<em>dolce vita<\/em>\u00ab&nbsp;, la douce vie, la vie heureuse, une vie faite de vides et de non sens, toute spiritualit\u00e9 y est avort\u00e9e, parfois g\u00e2ch\u00e9e par le suicide, parfois g\u00e2ch\u00e9e par l\u2019avidit\u00e9 et la cupidit\u00e9. Fellini parvient, sans que rien ne nous attache particuli\u00e8rement aux personnages, \u00e0 nous faire regarder ce film jusqu\u2019au bout. Il rend chaque sc\u00e8ne, chaque vignette de la vie de Marcello, souvent assez d\u00e9routante, g\u00eanante, et pour l\u2019\u00e9poque du r\u00e9alisateur, carr\u00e9ment repoussante et d\u00e9cri\u00e9e lors de sa sortie au festival de Cannes (il obtient la 13e Palme d\u2019Or). Mais c\u2019est tellement fascinant!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>C\u2019est donc l\u2019esth\u00e9tique formelle du cin\u00e9ma qu\u2019il remet en question, sans fard, sans grande pompe, sans grande musique orchestrale,&nbsp;tandis que Marcello, personnage principal,&nbsp;n\u2019effectue lui-m\u00eame aucune remise en question au d\u00e9nouement inexistant&nbsp;du film, sous l\u2019oeil-juge de la Nature en&nbsp;d\u00e9liquescence (sc\u00e8ne de la p\u00eache sur la plage \u00e0 la fin).&nbsp;<\/strong>Et pour la deuxi\u00e8me fois, j\u2019en reste compl\u00e8tement abasourdie. En bon n\u00e9o-r\u00e9aliste, Fellini propose ici une lib\u00e9ration du corps, du style, du cin\u00e9ma, les sc\u00e8nes sans queue ni t\u00eate ne sont guid\u00e9es par aucun autre&nbsp;fil conducteur que le temps qui passe. Il en ressort une v\u00e9rit\u00e9 sans explication, sans didactisme, sans d\u00e9magogie,&nbsp;dans l\u2019image et dans le mouvement, dans les dialogues, les sons, la lumi\u00e8re, et que peu ont pu \u00e9galer \u00e0 ce jour.<\/p>\n\n\n\n<p>A voir absolument !<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right has-text-align-right\">Sign\u00e9 Tassa<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je vous parle d\u2019un classique du cin\u00e9ma italien : La dolce vita de Fellini<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[20,8],"class_list":["post-354","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-cinema","tag-cine-l","tag-cinema"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/354","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=354"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/354\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=354"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=354"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=354"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}