{"id":356,"date":"2024-08-07T23:12:36","date_gmt":"2024-08-07T23:12:36","guid":{"rendered":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/?p=356"},"modified":"2024-08-07T23:12:36","modified_gmt":"2024-08-07T23:12:36","slug":"jai-vu-only-lovers-left-alive-de-jim-jarmusch","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/?p=356","title":{"rendered":"[J\u2019ai vu] Only Lovers Left Alive de Jim Jarmusch"},"content":{"rendered":"\n<p>Publi\u00e9 en 2018<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/tassadanslesmyriades-2-1-2-1024x1024.png\" class=\"wp-image-355\" srcset=\"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/tassadanslesmyriades-2-1-2-1024x1024.png 1024w, https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/tassadanslesmyriades-2-1-2-300x300.png 300w, https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/tassadanslesmyriades-2-1-2-150x150.png 150w, https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/tassadanslesmyriades-2-1-2-768x768.png 768w, https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/tassadanslesmyriades-2-1-2.png 1080w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Bonsoir, bonsoir,&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><em>apr\u00e8s avoir visionn\u00e9 la proposition cin\u00e9matographique d\u2019Arte TV, je me suis dit qu\u2019il fallait que je vous en parle, et ce, m\u00eame si mes id\u00e9es ne sont pas toutes en ordre, \u00e9tant donn\u00e9 que je viens pendant 4h de recenser les entr\u00e9es de v\u00e9g\u00e9taux dans un dictionnaire de plus de 680 pages\u2026 je vais tenter tout de m\u00eame ce petit retour que j\u2019op\u00e8re vers la critique cin\u00e9matographique, mon premier amour bloguesque\u2026 (aah l\u2019amour!)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong><u>Infos (merci Wiki)<\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Titre qu\u00e9b\u00e9cois<\/strong>&nbsp;Les Derniers Amants (c\u2019est toujours styl\u00e9 un titre qu\u00e9b\u00e9cois)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>R\u00e9alisation<\/strong>&nbsp;Jim Jarmusch&nbsp;<strong>Sc\u00e9nario<\/strong>&nbsp;Jim Jarmusch (il a tout fait dis donc!)&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Acteurs principaux&nbsp;<\/strong>Tom Hiddleston (Adam) Tilda Swinton (Eve) Mia Wasikowska (Ava, la soeur d\u2019Eve) Anton Yelchin (un brave gars)&nbsp;John Hurt (Kit, Christopher Marlowe)&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Pays d\u2019origine<\/strong>&nbsp;: Royaume-Uni,&nbsp;Allemagne<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Genre :<\/strong>&nbsp;Film fantastique (en effet, avec des vampires et du sang)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Dur\u00e9e<\/strong>&nbsp;123 minutes (c\u2019est pas assez long!!)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Sortie<\/strong>&nbsp;2013<\/p>\n\n\n\n<p>Parlons de&nbsp;<strong>\u00ab&nbsp;Only lovers left alive&nbsp;\u00bb<\/strong>&nbsp;de Jim Jarmusch. Premi\u00e8re remarque : le titre. Comme vous le voyez, (ou pas), si on lit le titre tr\u00e8s rapidement en clignant d\u2019un demi oeil&nbsp;<s>(ou pas)<\/s>&nbsp;(et je ne fais pas du tout genre conspirationniste hein), on lit assez confus\u00e9ment \u00ab&nbsp;Only left overs&nbsp;\u00bb, et c\u2019est tr\u00e8s intentionnel je pense. (signification = plus que les restes).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le synopsis ?&nbsp;<\/strong>Pour la faire br\u00e8ve, le film tourne autour de deux personnages : deux amants. L\u2019un s\u2019appelle Adam, il est musicien, reclus dans une vieille demeure de Detroit, il ne sort que la nuit et s\u2019adonne \u00e0 sa passion pour la musique, surtout le rock et les guitares anciennes. Loin de lui, \u00e0 des milliers de kilom\u00e8tres vit l\u2019amour de sa vie, Eve, une intellectuelle, r\u00e9fugi\u00e9e&nbsp;\u00e0 Tanger. Elle aussi ne sort que la nuit.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Je vais vous dire&nbsp;<strong>une chose<\/strong>&nbsp;: je n\u2019ai pas lu le r\u00e9sum\u00e9 du film avant de voir le film. Je me suis donc laiss\u00e9e aller \u00e0&nbsp;<strong>la contemplation m\u00e9ditative&nbsp;<\/strong>que propose Jim Jarmusch, le r\u00e9alisateur de \u00ab&nbsp;Dead Man&nbsp;\u00bbet \u00ab&nbsp;Mystery of Train&nbsp;\u00bb. Vous n\u2019avez peut-\u00eatre jamais vu ses films ? C\u2019est que le cin\u00e9ma de Jarmusch op\u00e8re plut\u00f4t dans les salles obscures des festivals de cin\u00e9ma. Ici, c\u2019est \u00e0 Cannes, pour la 66<sup>\u00e8me<\/sup>&nbsp;version du festival de la Croisette, que le r\u00e9alisateur a pr\u00e9sent\u00e9 ce film. Il a \u00e9t\u00e9 re\u00e7u, disons, plut\u00f4t froidement.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La premi\u00e8re sc\u00e8ne, la sc\u00e8ne d\u2019ouverture, est tout \u00e0 fait \u00ab&nbsp;non spectaculaire&nbsp;\u00bb<\/strong>. La cam\u00e9ra se fixe sur le corps d\u2019Eve et dans un autre plan, le corps d\u2019Adam. Comme dans une peinture romantique ou pr\u00e9rapha\u00e9lite, on croit les corps sans vie, on voit Eve comme on verrait une Oph\u00e9lia de Shakespeare, morte, on voit Adam comme un Marat sans vie dans sa baignoire (mais l\u00e0 il est plut\u00f4t dans son canap\u00e9, agripp\u00e9 \u00e0 sa guitare). Les figures sont comme sacralis\u00e9es, glorifi\u00e9es, b\u00e9atifi\u00e9es. Et puis la cam\u00e9ra, plong\u00e9e&nbsp;vers le bas, tourne comme le tourne-disque. On se croirait dans \u00ab&nbsp;Requiem for a dream&nbsp;\u00bb en plein d\u00e9lire, en pleine transe. D\u2019ailleurs la consommation de sang des personnages est une m\u00e9taphore de la drogue et de la sexualit\u00e9. La musique nous rappelle un vieux rock&nbsp;<strong>psych\u00e9d\u00e9lique<\/strong>&nbsp;et ent\u00eatant. Puis les personnages ouvrent lentement les yeux, reprennent vie. Mais ils n\u2019ont pas de souffle,&nbsp;<strong>seule la beaut\u00e9 glaciale et blanche de Tilda Swinton et l\u2019aspect spectral digne du meilleur Dracula de Tom Hiddleston<\/strong>&nbsp;nous frappent et nous rappellent qu\u2019ils sont des \u00eatres \u00ab&nbsp;morts-vivants&nbsp;\u00bb, immortels ou presque : ils sont des&nbsp;<strong>vampires<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Ah, mais c\u2019est donc pour \u00e7a qu\u2019ils ne sortent que la nuit ? (eh oui, jeune Padawan)<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce film, Jim Jarmusch propose&nbsp;<strong>une sublime parodie qui s\u2019auto-parodie<\/strong>. Tr\u00e8s au fait des films de vampires, il a d\u00e9j\u00e0 de bonnes bases cin\u00e9matographiques&nbsp;: \u00e0 la fois des films anciens et stylis\u00e9s (le gothique et grotesque Dracula jou\u00e9 par Bela Lugosi en 1931, le mythique Dracula jou\u00e9 par Christopher Lee en 1958, le Dracula plus classique d\u2019un Francis Ford Coppola ou Le Bal des Vampires avec Braaaaad), et des films de vampires contemporains (bon, je dois vraiment faire la liste ? Citons seulement Twilight et le Dracula affreusement \u00e9rotique et terrifiant de Dario Argento de 2012).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Mais Jim Jarmusch se d\u00e9barrasse de toutes ces belles ou mauvaises r\u00e9f\u00e9rences (rien n\u2019est ni tout blanc ni tout noir) et cr\u00e9e&nbsp;<strong>une oeuvre atypique, compl\u00e8tement d\u00e9cal\u00e9e, d\u2019une tr\u00e8s belle facture et \u00e0 l\u2019humour assez d\u00e9capant je dois dire.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dans une atmosph\u00e8re nocturne, Jim Jarmusch a su faire de chaque sc\u00e8ne un v\u00e9ritable tableau qui rend splendide les moindres \u00e9l\u00e9ments film\u00e9s&nbsp;<\/strong>: les mains ou les visages, les corps, les coins de murs, les ruelles, les routes dans la nuit, \u2026 tout. Dans cette ambiance l\u00e9g\u00e8rement oppressante et angoissante, il parvient \u00e0 garder un bon rythme et un suspense qui ne tient qu\u2019\u00e0 un seul \u00e9l\u00e9ment : le myst\u00e8re qui nimbe d\u2019or et d\u2019argent les deux acteurs principaux. Qui sont-ils vraiment ? Quelle est leur vie ? Au final, on ne saura presque rien d\u2019eux \u00e0 part qu\u2019ils s\u2019aiment d\u2019un amour ardent, qu\u2019Eve a une soeur et qu\u2019ils connaissent Kit, Christopher Marlowe, le vrai Shakespeare,&nbsp;selon certaines th\u00e9ories (il est un vampire jou\u00e9 par le g\u00e9nial John Hurt).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Tout dans ce film est un trait de g\u00e9nie<\/strong>&nbsp;: tout pourrait \u00eatre absurde et tomber \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du sujet, mais finalement, chaque dialogue bien cisel\u00e9, chaque remarque, chaque action devient r\u00e9aliste et non plus grotesque. Le film est totalement cr\u00e9dible! M\u00eame lorsque les personnages consomment des sucettes au sang human du groupe O ou qu\u2019Eve offre une sorte de cithare \u00e0 Adam. Le&nbsp;clin d\u2019oeil \u00e0 notre monde actuel est assez sombre cependant, les&nbsp;hommes sont des \u00ab zombies \u00bb. Adam et Eve qui vivent depuis des si\u00e8cles ne tuent plus aucun zombie pour se nourrir, ils font partie des vampires les plus civilis\u00e9s : ils se procurent le sang dans les h\u00f4pitaux (en d\u00e9coule des sc\u00e8nes totalement hilarantes, je trouve). Mais c\u2019est un rire froid.<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis comme dans un<strong>&nbsp;roman \u00e9rudit<\/strong>, Jim Jarmusch livre des&nbsp;<strong>r\u00e9f\u00e9rences culturelles&nbsp;<\/strong>par-ci, par-l\u00e0 : de ce bon vieux Newton en passant par Shakespeare ou encore Haendel et quelques belles r\u00e9f\u00e9rences rock\u2019n\u2019roll (Eddie Cochran par exemple), il fait des guitares des objets passionnants \u00e0 contempler, d\u2019une balle en bois un \u00e9l\u00e9ment presque sacr\u00e9, il fait d\u2019Eve une vampire qui lit les livres plus vite que la lumi\u00e8re, d\u2019Adam un vampire aux tendances suicidaires qui sait jouer du violon comme un ma\u00eetre ou de la guitare et qui trafique des machines pour fabriquer de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brusquement, le monde autour semble noir, bien noir.<\/strong>&nbsp;Les humains ont d\u00e9truit leur monde, les zombies sont en qu\u00eates d\u2019eau non pollu\u00e9e tandis que les vampires cherchent le sang non contamin\u00e9. Les rues de Tanger semblent s\u2019\u00e9vanouir dans l\u2019oubli du reste du monde et les routes de Detroit disparaissent dans la d\u00e9solation et la d\u00e9cr\u00e9pitude. Les personnages \u00e9voluent dans l\u2019ennui.<strong>&nbsp;Car c\u2019est un film magnifique sur l\u2019ennui.<\/strong>&nbsp;Que peut-on faire de plus au monde lorsqu\u2019on a d\u00e9j\u00e0 v\u00e9cu des si\u00e8cles et des si\u00e8cles, qu\u2019on a connu tant de gens, appris tant de choses, lu&nbsp;tous les livres, jou\u00e9 toutes les musiques possibles ? La question de l\u2019\u00eatre fini se pose : l\u2019homme par d\u00e9finition en est un, il doit mourir et ne pourra jamais conna\u00eetre toutes les choses du monde. Les vampires semblent pouvoir tout conna\u00eetre et tout savoir, et pourtant, cette qu\u00eate ne les attire pas. Ils pr\u00e9f\u00e8rent se r\u00e9fugier dans l\u2019amour inconditionnel.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La question du choix se pose aussi. Choisir de continuer \u00e0 vivre ou mourir ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le film est assez caricatural en fait. Mais Jim Jarmusch se joue de cette caricature qu\u2019il a choisi de filmer.&nbsp;<\/strong>Il traite avec beaucoup d\u2019humour distanci\u00e9 le genre du film de vampires. Il livre aussi une sorte de satire sociale, il critique notre monde et notre fa\u00e7on consum\u00e9riste de vivre, et en m\u00eame temps, son style est tr\u00e8s personnel.<\/p>\n\n\n\n<p>Le c\u00f4t\u00e9 \u00ab&nbsp;<strong>dandy<\/strong>&nbsp;\u00bb de l\u2019ouvrage de Jim Jarmusch m\u2019a beaucoup plu et semble d\u2019autant plus justifi\u00e9 que tous les vampires de nos r\u00e9f\u00e9rences culturelles sont souvent issus de l\u2019aristocratie ou de la noblesse. Ce serait donc des privil\u00e9gi\u00e9s ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Parmi les phrases les plus dr\u00f4les que j\u2019ai retenues<\/strong>&nbsp;: Eve disant \u00e0 Adam que \u00ab&nbsp;Les voyages c\u2019est chiant&nbsp;\u00bb parce qu\u2019elle doit aller de Tanger \u00e0 D\u00e9troit ou encore Adam disant \u00e0 Eve dans le jardin \u00ab&nbsp;Comme quoi, on sait rien sur les champignons&nbsp;\u00bb alors que des amanites tue-loup poussent \u00e0 proximit\u00e9 d\u2019une antenne radio qu\u2019il a trafiqu\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Finalement, j\u2019ai aim\u00e9 :<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 la souffrance et la figure&nbsp;sacralis\u00e9e des deux vampires Adam et Eve<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 le jeu des acteurs, absolument impeccables dans leur r\u00f4le<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 les sc\u00e8nes magnifiques, dignes des plus grandes compositions de peinture, du gothique, au romantique en passant par le clair-obscur<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 et les dialogues qui font mouche&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Bon, apr\u00e8s, si vous me connaissez un petit peu, un petit poil, ben, vous savez s\u00fbrement que je n\u2019aime que les films o\u00f9 certains m\u2019ont dit \u00ab&nbsp;On se fait ch*** biiiip&nbsp;\u00bb. En effet, mon film pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 reste tout de m\u00eame celui d\u2019Abbas Kiarostami&nbsp;<strong>\u00ab&nbsp;Copie conforme&nbsp;\u00bb<\/strong>&nbsp;ou encore les films d\u2019Apichatpong Weerasethakul (je sais m\u00eame pas si je l\u2019ai bien orthographi\u00e9\u2026)\u2026 donc voil\u00e0, hein, vous serez pr\u00e9venus. J\u2019aime les films o\u00f9 les r\u00e9alisateurs tournent des films dans des films, des histoires dans des histoires, construisent un m\u00e9ta-langage du cin\u00e9ma, revisite la syntaxe de l\u2019\u00e9criture traditionnelle d\u2019un film pour en faire un objet d\u2019exp\u00e9rimentation personnelle !<\/p>\n\n\n\n<p>Un coup de coeur m\u00e9taphysique !<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-video\"><video controls src=\"https:\/\/youtu.be\/ycOKvWrwYFo?si=NZ9K0UpiKyJWJH1W\"><\/video><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Parlons de\u00a0\u00ab\u00a0Only lovers left alive\u00a0\u00bb\u00a0de Jim Jarmusch. 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