{"id":373,"date":"2024-08-08T08:58:57","date_gmt":"2024-08-08T08:58:57","guid":{"rendered":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/?p=373"},"modified":"2024-08-08T08:59:23","modified_gmt":"2024-08-08T08:59:23","slug":"jai-vu-moonlight-de-barry-jenkins","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/?p=373","title":{"rendered":"[J\u2019ai vu] Moonlight de Barry Jenkins"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/tassadanslesmyriades-1-4-1024x1024.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-372\" srcset=\"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/tassadanslesmyriades-1-4-1024x1024.png 1024w, https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/tassadanslesmyriades-1-4-300x300.png 300w, https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/tassadanslesmyriades-1-4-150x150.png 150w, https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/tassadanslesmyriades-1-4-768x768.png 768w, https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/tassadanslesmyriades-1-4.png 1080w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Moonlight<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Bonjour, je continue mon cycle cin\u00e9ma #cyclelgbtq+ avec le film&nbsp;<strong><em>Moonlight<\/em><\/strong>&nbsp;sorti en 2017. Film accrocheur par son synopsis mais aussi par son casting d\u2019acteurs et actrices peu connus mais brillantissimes, il a remport\u00e9 d\u00e8s sa sortie l\u2019enthousiasme du public et a rafl\u00e9 trois Oscar dont celui du meilleur film.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais qu\u2019en penser r\u00e9ellement ?<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><strong>Synopsis<\/strong>&nbsp;: Apr\u00e8s avoir grandi dans un quartier difficile de Miami, Chiron,&nbsp;un jeune homme tente de trouver sa place dans le monde.&nbsp;Moonlight \u00e9voque son parcours, de l\u2019enfance \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte. Avec Alex R. Hibbert, Ashton Sanders et Trevante Rhodes.<\/p>\n\n\n\n<div id=\"ez-toc-container\" class=\"ez-toc-v2_0_82_2 counter-hierarchy ez-toc-counter ez-toc-grey ez-toc-container-direction\">\r\n<div class=\"ez-toc-title-container\">\r\n<p class=\"ez-toc-title\" style=\"cursor:inherit\">Table of Contents<\/p>\r\n<span class=\"ez-toc-title-toggle\"><a href=\"#\" class=\"ez-toc-pull-right ez-toc-btn ez-toc-btn-xs ez-toc-btn-default ez-toc-toggle\" aria-label=\"Toggle Table of Content\"><span class=\"ez-toc-js-icon-con\"><span class=\"\"><span class=\"eztoc-hide\" style=\"display:none;\">Toggle<\/span><span class=\"ez-toc-icon-toggle-span\"><svg style=\"fill: #999;color:#999\" xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" class=\"list-377408\" width=\"20px\" height=\"20px\" viewBox=\"0 0 24 24\" fill=\"none\"><path d=\"M6 6H4v2h2V6zm14 0H8v2h12V6zM4 11h2v2H4v-2zm16 0H8v2h12v-2zM4 16h2v2H4v-2zm16 0H8v2h12v-2z\" fill=\"currentColor\"><\/path><\/svg><svg style=\"fill: #999;color:#999\" class=\"arrow-unsorted-368013\" xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" width=\"10px\" height=\"10px\" viewBox=\"0 0 24 24\" version=\"1.2\" baseProfile=\"tiny\"><path d=\"M18.2 9.3l-6.2-6.3-6.2 6.3c-.2.2-.3.4-.3.7s.1.5.3.7c.2.2.4.3.7.3h11c.3 0 .5-.1.7-.3.2-.2.3-.5.3-.7s-.1-.5-.3-.7zM5.8 14.7l6.2 6.3 6.2-6.3c.2-.2.3-.5.3-.7s-.1-.5-.3-.7c-.2-.2-.4-.3-.7-.3h-11c-.3 0-.5.1-.7.3-.2.2-.3.5-.3.7s.1.5.3.7z\"\/><\/svg><\/span><\/span><\/span><\/a><\/span><\/div>\r\n<nav><ul class='ez-toc-list ez-toc-list-level-1 ' ><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-1\" href=\"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/?p=373\/#Se_realiser_soi-meme\" >Se r\u00e9aliser soi-m\u00eame<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-2\" href=\"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/?p=373\/#Une_image_lechee_et_melancolique\" >Une image l\u00e9ch\u00e9e et m\u00e9lancolique<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-3\" href=\"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/?p=373\/#Un_film_contre_lhomophobie\" >Un film contre l\u2019homophobie<\/a><\/li><\/ul><\/nav><\/div>\r\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"se-realiser-soi-meme\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Se_realiser_soi-meme\"><\/span>Se r\u00e9aliser soi-m\u00eame<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<p>Barry Jenkins est un cin\u00e9aste am\u00e9ricain de son temps qui a d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9 plusieurs films dont un sur une romance entre deux Afro-am\u00e9ricains. Dans ce film qu\u2019il r\u00e9alise avec brio, il a choisi de suivre un personnage, celui de Chiron, \u00e0 travers trois chapitres: l\u2019enfance, l\u2019adolescence et l\u2019\u00e2ge adulte. On peut d\u00e8s lors le classer dans les fictions d\u2019apprentissage mais aussi dans la cat\u00e9gorie des drames adapt\u00e9s du th\u00e9\u00e2tre, puisqu\u2019il s\u2019agit ici d\u2019une adaptation de la pi\u00e8ce&nbsp;<em>In Moonlight Black Boys Look Blue<\/em>&nbsp;de Tarell Alvin McCraney. Or, on ne sent pas, en voyant le film, que ce dernier est inspir\u00e9 d\u2019un drame th\u00e9\u00e2tral, il y a peu de dialogues et beaucoup de silences dans ce long m\u00e9trage. En suivant les pas du jeune Chiron, les trois parties du film nous m\u00e8nent \u00e0 sa r\u00e9alisation (qui est-il vraiment ?) et \u00e0 sa transformation (tant physique et charnelle que morale).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La facture du film reste tr\u00e8s formelle. Sa division en trois n\u2019est peut-\u00eatre pas son point fort mais vient rappeler subtilement son origine th\u00e9\u00e2trale : une pi\u00e8ce en trois actes. Le film est surtout port\u00e9 par un casting brillant, charismatique et puissant, le choix des trois acteurs allant de l\u2019enfance \u00e0 l\u2019adulte est r\u00e9ussi et les personnages secondaires, peu nombreux, sont assez subtiles pour retenir l\u2019attention, mention sp\u00e9ciale \u00e0 Mahershala Ali en mentor dealer de drogue.<\/p>\n\n\n\n<p>Malheureusement, ce beau casting est mal investi, puisque l\u2019apparition de Mahershala Ali est trop courte et se termine brutalement, tout comme l\u2019amiti\u00e9 entre Kevin et Chiron tourne court \u00e0 chaque \u00e9pisode du film. Sc\u00e9naristiquement, on voit que le r\u00e9alisateur a voulu raccourcir, ciseler, s\u00e9lectionner certains moments et ne pas trop s\u2019\u00e9taler sur les intrigues parall\u00e8les (l\u2019histoire de la m\u00e8re, celle du mentor, celle de Kevin, l\u2019ami d\u2019enfance\u2026). Pourtant, c\u2019est ce qui manque le plus \u00e0 l\u2019histoire, une profondeur dans chacun des personnages. N\u00e9anmoins, on comprend son parti pris et sa volont\u00e9 de d\u00e9truire les clich\u00e9s et les st\u00e9r\u00e9otypes du film de genre (que cela soit du film de banlieue, du film d\u2019Afro-am\u00e9ricain ou du film LGBTQ).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"une-image-lechee-et-melancolique\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Une_image_lechee_et_melancolique\"><\/span>Une image l\u00e9ch\u00e9e et m\u00e9lancolique<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<p>Barry Jenkins manque aussi de subtilit\u00e9 parfois dans sa r\u00e9alisation, les gros plans serr\u00e9s sur les corps ou les visages, les sc\u00e8nes de dialogues volontairement lentes mais trop appuy\u00e9es, les sc\u00e8nes au ralenti, viennent appesantir la totalit\u00e9 du film qui s\u2019embourbe dans une sorte de torpeur sans compl\u00e8tement exhumer la col\u00e8re que ressent Chiron.<\/p>\n\n\n\n<p>Le travail de l\u2019image est pourtant int\u00e9ressant. Tout est beau, m\u00e9ticuleux, pour un cin\u00e9ma exigeant mais pudique. Les choix de couleurs se justifient \u00e0 l\u2019\u00e9cran, les diff\u00e9rents corps noirs de Chiron en bord de mer sous le clair de lune deviennent bleus, la chambre de la m\u00e8re laisse passer un rayon de lumi\u00e8re rose\/rouge, les rues sont \u00e9clair\u00e9es de lampadaires jaun\u00e2tres, etc. Ces tons vifs v\u00e9hiculent pourtant une forme de m\u00e9lancolie qui traverse le film de bout en bout jusqu\u2019\u00e0 la fin. Le film assume cette lenteur et son c\u00f4t\u00e9 lyrique, digne d\u2019une trag\u00e9die, tout comme&nbsp;<strong><em>A single man<\/em><\/strong>&nbsp;de Tom Ford le faisait d\u00e9j\u00e0 en 2010 sur le sujet de l\u2019homosexualit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"un-film-contre-l-homophobie\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Un_film_contre_lhomophobie\"><\/span>Un film contre l\u2019homophobie<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<p>Le sc\u00e9nario du film raconte l\u2019histoire d\u2019un jeune homosexuel dans une banlieue difficile de Miami en Floride. On comprend l\u2019importance d\u2019un tel sujet et que de nombreux r\u00e9alisateurs aient \u00e9t\u00e9 frileux sur ce point auparavant n\u2019est pas \u00e9tonnant. Le film est audacieux et a \u00e9t\u00e9 produit, entre autres, par des gens comme Brad Pitt, producteur lui aussi de&nbsp;<strong><em>12 Years A Slave<\/em><\/strong>&nbsp;en 2013, dont la diffusion avait \u00ab&nbsp;r\u00e9volutionn\u00e9&nbsp;\u00bb un cin\u00e9ma peu diversifi\u00e9 aux Etats-Unis.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 tout, j\u2019ai trouv\u00e9 quelques d\u00e9fauts \u00e0 ce film qui tire du c\u00f4t\u00e9 du&nbsp;<em>pathos,<\/em>&nbsp;sans jamais saisir v\u00e9ritablement le chagrin et la violence de ses personnages et particuli\u00e8rement de Chiron. Barry Jenkins lorgne probablement plut\u00f4t du c\u00f4t\u00e9 des drames romantiques comme il l\u2019avait fait avec&nbsp;<strong><em>Medecine for Melancholy<\/em><\/strong>, ce dernier lui ayant servi de manifeste pour&nbsp;<em><strong>Moonlight<\/strong><\/em>. Sa pr\u00e9dilection pour traiter d\u2019injustices se voit aussi dans son film&nbsp;<strong><em>If Beale Street Could Talk<\/em><\/strong>&nbsp;(2018), adapt\u00e9 du roman de James Baldwin et racontant l\u2019histoire d\u2019une m\u00e8re pr\u00eate \u00e0 tout pour prouver l\u2019innocence de son mari injustement accus\u00e9 de viol.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019est donc pas un \u00e9ni\u00e8me film sur la banlieue ou le racisme tel que<strong><em>&nbsp;Get Out<\/em><\/strong>&nbsp;(2017),&nbsp;<strong><em>Les Figures de l\u2019ombre&nbsp;<\/em><\/strong>(2016) ou&nbsp;<strong><em>12 Years a Slave<\/em><\/strong>&nbsp;(2013), \u00f4 combien importants, le film&nbsp;<strong><em>Moonlight<\/em><\/strong>&nbsp;me fait plut\u00f4t penser \u00e0&nbsp;<em><strong>Precious<\/strong><\/em>(2010) qui abordait de front une probl\u00e9matique sans chercher \u00e0 rendre le pitch \u00ab&nbsp;bankable&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Finalement, c\u2019est un film tr\u00e8s sensible, qui sublime les corps et ne tombe pas dans une violence inutile mais subtile et psychologique. Loin des clich\u00e9s de la banlieue am\u00e9ricaine ou sur le racisme,&nbsp;<em><strong>Moonlight<\/strong><\/em>&nbsp;raconte un \u00eatre en qu\u00eate d\u2019identit\u00e9 et de tendresse. La bande son est magnifique et vient souligner les silences, les non-dits et l\u2019\u00e9motion. En ne versant pas dans la mode des longs m\u00e9trages \u00e0 poncifs, Barry Jenkins livre une oeuvre \u00e9l\u00e9gante, po\u00e9tique et touchante. Si l\u2019on ressort parfois frustr\u00e9 de ces ellipses et de cette fa\u00e7on douce et silencieuse de parler d\u2019un milieu qui ne l\u2019est jamais au cin\u00e9ma, on sort tout de m\u00eame conquis par ses ind\u00e9niables qualit\u00e9s tragiques.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right has-text-align-right\">Sign\u00e9 Tassa<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bonjour, je continue mon cycle cin\u00e9ma #cyclelgbtq+ avec le film\u00a0Moonlight\u00a0sorti en 2017. 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