{"id":385,"date":"2022-08-29T09:20:00","date_gmt":"2022-08-29T09:20:00","guid":{"rendered":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/?p=385"},"modified":"2024-08-08T09:24:13","modified_gmt":"2024-08-08T09:24:13","slug":"mort-sur-le-nil-echec-ou-reussite-du-modele-agatha-christie-2022-cinema","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/?p=385","title":{"rendered":"Mort sur le Nil, \u00e9chec ou r\u00e9ussite du mod\u00e8le Agatha Christie ? (2022) [cin\u00e9ma]"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/tassadanslesmyriades-2-1-4-1024x1024.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-384\" srcset=\"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/tassadanslesmyriades-2-1-4-1024x1024.png 1024w, https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/tassadanslesmyriades-2-1-4-300x300.png 300w, https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/tassadanslesmyriades-2-1-4-150x150.png 150w, https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/tassadanslesmyriades-2-1-4-768x768.png 768w, https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/tassadanslesmyriades-2-1-4.png 1080w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>C\u2019est avec une certaine pointe d\u2019amertume et de d\u00e9ception que je chronique la suite de mon visionnage des adaptations d\u2019Agatha Christie ici\u00a0<a href=\"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/?p=383\">[ma derni\u00e8re chronique<\/a>]. Dans cet \u00e9ni\u00e8me opus, redite de\u00a0<em>Mort sur le Nil<\/em>, l\u2019un des romans les plus lus de la reine du polar, r\u00e9alis\u00e9 par Kenneth Branagh, ce dernier en est \u00e0 son deuxi\u00e8me essai. Essai qu\u2019il \u00e9tait parvenu \u00e0 transformer dans\u00a0<em>Le Meurtre de l\u2019Orient Express<\/em>\u00a0en 2017. Est-ce le cas pour\u00a0<em>Mort sur le Nil ??<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>R\u00e9sum\u00e9<\/em><\/strong>&nbsp;: Au cours d\u2019une luxueuse croisi\u00e8re sur le Nil, ce qui devait \u00eatre une lune de miel idyllique se conclut par la mort brutale de la jeune mari\u00e9e. Ce crime sonne la fin des vacances pour le d\u00e9tective Hercule Poirot. A bord en tant que passager, il se voit confier l\u2019enqu\u00eate par le capitaine du bateau. Et dans cette sombre affaire d\u2019amour obsessionnel aux cons\u00e9quences meurtri\u00e8res, ce ne sont pas les suspects qui manquent ! S\u2019ensuivent une s\u00e9rie de rebondissements et de retournements de situation qui, sur fond de paysages grandioses, vont peu \u00e0 peu d\u00e9stabiliser les certitudes de chacun jusqu\u2019\u00e0 l\u2019incroyable d\u00e9nouement ! (Source : Sens Critique)<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e0 o\u00f9 le casting \u00e9tait un d\u00e9savantage d\u00e8s le d\u00e9part dans le premier film, ici j\u2019ai regard\u00e9 le film uniquement pour son casting, brillant et moderne. Gal Gadot y c\u00f4toie Emma Mackey, deux actrices sublimes. On croise de nouveau la route de Tom Bateman ainsi que quelques bonnes retrouvailles telles que Letitia Wright, Sophie Okonedo et Annette Bening. Apr\u00e8s le d\u00e9sastre des frasques d\u2019Armie Hammer, entre drogue, violence et jeux sexuels douteux, la production a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 oublier son visage dans la bande annonce officielle. N\u00e9anmoins, \u00e0 ce stade il \u00e9tait impossible de refaire le film, ce dernier interpr\u00e9tant le mari de la femme richissime nouvellement \u00e9pous\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela \u00e9tant dit, le film se d\u00e9roule sans accrocs sur ce point. La direction d\u2019acteurs et d\u2019actrices est en effet excellente et tout le monde semble y donner du sien dans une adaptation qui manque du charme de celle d\u2019avant. Point de souffle Agatha Christien comme dans l\u2019adaptation avec Peter Ustinov en 1978, au casting cinq \u00e9toiles (David Niven, Maggie Smith, Jane Birkin, Mia Farrow\u2026). Non pas une once de&nbsp;<em>british attitude<\/em>. Le film est pourtant tourn\u00e9 par Kenneth Branagh mais il eut pu \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 par un cin\u00e9aste am\u00e9ricain qu\u2019on y aurait vu que du feu.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Mort sur le Nil<\/em>&nbsp;de 2022 est un peu rat\u00e9 pour plusieurs raisons :&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 les premi\u00e8res sc\u00e8nes sont compl\u00e8tement inutiles. Elles montrent le pass\u00e9 de Hercule Poirot \u00e0 la guerre et son amour pour une certaine Katherine. Ces sc\u00e8nes sont cens\u00e9es \u00e9paissir le portrait du d\u00e9tective et expliquer l\u2019apparition de sa moustache mythique. Le Belge ne poss\u00e8de que peu d\u2019histoire en arri\u00e8re-plan, ne serait-ce que ce qu\u2019Agatha Christie a bien voulu laisser dire \u00e0 ses personnages de temps en temps.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 la sc\u00e8ne d\u2019ouverture n\u2019a donc rien \u00e0 voir avec les choix sc\u00e9naristiques du film de 1978 (l\u2019arriv\u00e9e dans la campagne anglaise, etc.). Kenneth Branagh fait en effet le pari de ne pas trop r\u00e9v\u00e9ler de la \u00ab&nbsp;vie d\u2019avant&nbsp;\u00bb des personnages en s\u2019int\u00e9ressant \u00e0 la jalousie entre les acteurs et les actrices principaux.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 la mise en sc\u00e8ne est clinquante et rendue&nbsp;<em>sexy<\/em>&nbsp;(la sc\u00e8ne des ballons dans le bateau est \u00e9trange, la danse au d\u00e9but du film est g\u00eanante\u2026). Il y a bien moins de traits d\u2019humour que dans le film de 1978. Branagh reprend de grandes libert\u00e9s par rapport \u00e0 l\u2019intrigue originale pour moderniser le tout. Quelques minutes du film sont extr\u00eamement mal mises en sc\u00e8ne (je pense par exemple \u00e0 la sc\u00e8ne o\u00f9 Poirot accuse le cousin Andrew, la cam\u00e9ra se met \u00e0 tourner pendant que les personnages tournent autour du dit cousin\u2026 et les sc\u00e8nes de la fin sont quasiment toutes rat\u00e9es\u2026)<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 C\u2019est vrai aussi qu\u2019on est un peu g\u00ean\u00e9 de voir un film se passer sur le Nil en \u00c9gypte au moment o\u00f9 les enjeux de la colonisation britannique sont importants\u2026 et o\u00f9 les affaires financi\u00e8res sont inscrites dans la grande marche de l\u2019histoire (la guerre, la colonisation et le Krach boursier), aucun mot l\u00e0-dessus malheureusement. Le choix d\u2019un cousin Andrew indien au lieu d\u2019un oncle Andrew, vieux, blanc et bedonnant est \u00e9trange et peu justifi\u00e9 dans le film, on aurait aim\u00e9 une sous intrigue plus r\u00e9fl\u00e9chie. Comme d\u2019habitude, Branagh d\u00e9laisse un peu ces personnages secondaires pour se concentrer sur le point de vue de Poirot, alors qu\u2019Agatha Christie r\u00e9ussissait \u00e0 faire une peinture presque sociale et de classe de sa&nbsp;<em>gentry et&nbsp;<\/em>aristocratie&nbsp;<em>so british<\/em>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Comme dans sa premi\u00e8re adaptation, Kenneth Branagh veut agrandir l\u2019image du film cens\u00e9 \u00eatre un huis clos, cette fois plus dans un train, mais dans un bateau. Il \u00e9largit les angles des personnages et continue d\u2019apporter sa touche christique et biblique (moralisatrice) au roman d\u2019Agatha Christie. Ainsi, on note que l\u2019une des sc\u00e8nes o\u00f9 il retrouve et parle \u00e0 son ami Bouc sur le bateau est film\u00e9e derri\u00e8re le dossier de grandes chaises en osier \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un confessionnal. Tout est dans l\u2019expressionnisme litt\u00e9ral et de plus les m\u00e9taphores sont trop lourdes chez Branagh. Le Nil est personnifi\u00e9 pour devenir un&nbsp;<em>character&nbsp;<\/em>\u00e0 son tour, puisqu\u2019on voit de temps \u00e0 autres un animal pr\u00e9dateur bouffer des proies (un crocodile, un poisson\/anguille?\u2026 etc.) Sauf que les cr\u00e9atures en CGI (effets sp\u00e9ciaux) passent mal \u00e0 l\u2019\u00e9cran en 2022.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Tout l\u2019exotisme (et sa probl\u00e9matique) du film est tourn\u00e9 sans interpr\u00e9tation. On y trouve des plans serr\u00e9s des pyramides et du temple d\u2019Abu Simbel puis des plans tr\u00e8s larges sur un d\u00e9cor \u00e0 moiti\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par effets sp\u00e9ciaux. Ce qui donne un ton tr\u00e8s kitsch \u00e0 ce film d\u00e9j\u00e0 d\u00e9pass\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 La r\u00e9solution de l\u2019enqu\u00eate est malencontreusement trop facile. C\u2019est l\u2019un des d\u00e9savantages du film. Dans le livre, on per\u00e7oit bien plus la haine et la jalousie que ressentent TOUS les personnages contre la riche h\u00e9riti\u00e8re jou\u00e9e ici par Gal Gadot. Or, dans ce film, il n\u2019en est rien, Gal Gadot semble appr\u00e9ci\u00e9e mais pas ha\u00efe. Branagh n\u2019aura pas voulu en rajouter apr\u00e8s la haine envers sa victime pr\u00e9c\u00e9dente (Johnny Depp dans&nbsp;<em>Le Crime de l\u2019Orient Express)<\/em>. La sc\u00e8ne finale est ridicule (la position des acteurs\u2026), m\u00eame si on sent un hommage de la part de Branagh qui retente ici d\u2019y voir une fin tragique \u00e0 la Shakespeare. Ce d\u00e9nouement n\u2019aura pas beaucoup servi \u00e0 nous rendre les couples form\u00e9s sur le navire plus sympathiques ou plus suspects\u2026 On ne sait pas trop si certaines sc\u00e8nes on \u00e9t\u00e9 coup\u00e9es ou non, pourtant, vu la tournure de s\u00e9duction intense que prend le film au d\u00e9but, on se dit qu\u2019il manque cette m\u00eame touche de s\u00e9duction dans le reste du film.<\/p>\n\n\n\n<p>Bon, n\u00e9anmoins, je dois avouer que j\u2019aime bien Branagh en Hercule Poirot, et que la musique et les d\u00e9cors dans le bateau sont soign\u00e9s et appr\u00e9ciables, nous offrant l\u00e0 une immersion \u00e0 couper le souffle. Malgr\u00e9 tout, les ficelles de&nbsp;<em>Mort sur le Nil&nbsp;<\/em>sont bien trop ais\u00e9es \u00e0 voir, et c\u2019est dommage que Branagh n\u2019ait pas jou\u00e9 de cette ambigu\u00eft\u00e9 ou de cette apparente facilit\u00e9 \u00e0 d\u00e9nouer les fils de l\u2019enqu\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Sign\u00e9 Tassa<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Que penser du film Mort sur le Nil ?<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[18,8],"class_list":["post-385","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-cinema","tag-cine-m","tag-cinema"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/385","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=385"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/385\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":387,"href":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/385\/revisions\/387"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=385"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=385"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/tassadanslesmyriades.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=385"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}