Journal du jardin : 🪴 Il est si difficile de se dire que nous vivons des chaleurs extrêmes (en France). Certes, dans certains pays la température est plus élevée et l’atmosphère bien plus humide, …mais ici, en région Centre, au-dessus de chez nous, il n’a pas plu depuis des lustres, le taux d’humidité plafonne à 20%, la terre craque, il n’y a pas de point de rosée suffisant à 20 degrés le matin. La petite grive est morte il y a quinze jours. Les lézards sont beaucoup moins actifs. Il n’y a presque plus de vie au jardin. Les abeilles 🐝 et pollinisateurs travaillent la nuit mais en moins grand nombre. Ce n’est pas très esthétique mais nous avons mis des draps blancs au-dessus du jardin pour leur offrir quand même un endroit sans rayonnement directs. Les gamelles d’eau, interdites dans certaines communes, sont légion dans le jardin car les insectes ont soif, les oiseaux et le petit merle veuf aussi. 

J’ai donc acheté ou récupéré des caisses en bois pour faire de l’ombrage naturel, j’ai investi dans des abris de la LPO pour divers animaux, hérissons, crapauds, oiseaux, mangeoires. J’ai mis des oyas partout, bricolés, vieux pots en argile bouchés, vieilles bouteilles piquées dans des becs en terre cuite, coupelle de pots de fleurs retournées pour faire des réserves d’eau pour la faune. J’ai peur pour la biodiversité avant d’avoir peur pour moi. J’ai peur car de nouvelles douleurs apparaissent sous ces fortes chaleurs. Au niveau des reins, à l’intérieur du corps, je sens le flux sanguin chaud qui ne se refroidit pas. Comme je n’ai pas l’intention d’investir dans une climatisation, j’ai recours à des subterfuges. Rideaux extérieurs, bassines pour bain de pied, pains de glace au niveau de l’aine ou de l’artère fémorale, dormir hors du lit, refroidir les murs et créer des appels d’air (en ouvrant le grenier la nuit et le rez de chaussée, ou en ayant créé deux couloirs d’air avec des rideaux à l’extérieur sous le porche et dans la véranda). 

J’ai compté tellement d’espèces végétales et animales dans le jardin et pourtant, pourtant, ça ne suffit pas. Les énormes haies se meurent. Les animaux meurent. Les buissons diminuent leur taille par deux et ne font plus d’ombre suffisante. Seules les plantes méditerranéennes survivent. Et je suis à plus de 600km de la mer Méditerranée. Il y en a marre. Le jardin devient politique. L’espace intime devient politique. 


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