20260725_les posts instagram

Adieu Insta ?

Instagram, c’est bientôt fini. que va-t-on devenir pauvres hères sans nos réseaux sociaux préférés ?

L’interdiction des réseaux sociaux aux mineux vient d’être votée : https://www.lemonde.fr/pixels/live/2026/07/24/posez-vos-questions-sur-l-interdiction-des-reseaux-sociaux-aux-moins-de-15-ans_6731466_4408996.html?search-type=classic&ise_click_rank=1

Nous allons devoir être contrôlé-es à l’entrée comme à la sortie. Montrer patte blanche, et sa carte d’identité. Passer par France Connect pour aller sur Instagram ou Mastodon. Allô quoi !

Qu’est-ce que cela dit de notre société ?

Une société incapable de comprendre la jeunesse

Les réseaux sociaux étaient inutiles; ils ont été créés afin de correspondre à ces nouvelles utilités-futilités fabriquées de toutes pièces par les marketteux des grandes firmes (Meta-Facebook en premier lieu).

Dès lors qu’ils sont arrivés, j’étais en fin de lycée, et je me suis inscrite sur Facebook (https://fr.wikipedia.org/wiki/Facebook). A la fac, je me suis inscrite sur Instagram (https://fr.wikipedia.org/wiki/Instagram) la première année de son lancement.

Le fait de pouvoir avoir des nouvelles de ses proches, familles, amis, collègues, était assez fou. Que tu sois en Nouvelle Zélande, au Canada ou en France, nous pouvions nous parler. Le fait de rencontrer des inconnu-es qui partageaient notre passion pour les photographies penchées des plages, des nuages ou des portes entrouvertes (Flickr !)… c’était fou ! Facebook communiquait beaucoup sur les « belles histoires » nées de Facebook « J’ai retrouvé mon père biologique », « J’ai retrouvé mon jumeau arraché à la naissance », « J’ai découvert que j’avais été adopté », « J’ai trouvé la femme de ma vie », etc. Au départ, donc, peu d’histoires moches. Sur un site web, certains communiquaient sur leur Vie de Merde, puis ils passèrent progressivement sur Facebook. Le mur de Facebook est devenu un tas de merde et de merdeux, comme je l’étais. Nous montrions au début nos bouches en cul de poule, nos langues tirées à piercing comme sur jadis les Skyblogs, mais très vite, il n’est resté que toi, moi, vous, le cul sur une plage, à moitié à oilpé, sirotant un cocktail. Il n’est resté qu’une version lissée de nous-mêmes, tandis que les pires horreurs ne cessaient pas d’exister depuis les réseaux sociaux et leurs nouvelles « messageries instantanées ». Des gars vous écrivaient « salut sa va ? t’as une cam ? »

D’ailleurs, cette image lisse de nous-mêmes, c’était la renaissance d’un néo-libéralisme, néo-conservatisme, néo-fascisme qui ne disaient pas leur nom. Puis, depuis dix ans, les cons racistes, antiféministes, etc. n’ont même plus dissimulé leur nom et leur prénom, ni leur photo de profil en veste chasse et pêche devant le château de papa.

Avant cela, les prédateurs, il y en avait déjà moult, sur Habbo https://fr.wikipedia.org/wiki/Habbo, sur les forums de RPG auxquels j’étais inscrite, sur Second Life, sur les premiers sites de rencontres, où à peu près sur tous ces sites web, j’ai subi des agressions virtuelles par des hommes des années 2005 à 2012. Sûrement vous aussi.

L’Internet n’est pas pour autant pourri jusqu’à la moelle. Il aura permis à nombre d’entre nous, les jeunes du début des années 2000, de survivre face aux mensonges d’une élite politicienne et industrielle qui nous fourvoyaient : ah les années 90 – 2000, le bel âge, sans crise, prospère, une jeunesse mélangée (1998 black blancs beurs), intégrée (le bruit et l’odeur…), pas de guerre (alors que si… première guerre du Golf 90-91, en Irak Koweit, la guerre de Slovénie (1991), la guerre de Croatie (1991-1995) et la guerre de Bosnie-Herzégovine (1992-1995)…), zéro problème de pesticides ou de réchauffement climatique. Et puis 2001 (deux tours et puis s’en vont). 2003 (canicule). Et puis 2007 et 2008 sont arrivés (crises économiques), bouleversant le paysage du World Wide Web. Les forums (https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeu_par_forum) sont brusquement devenus racistes, intolérants. Mais la jeunesse était là. Relevée, rabaissée, puis relevée. La jeunesse éclatante. Celle qui déjà en avait marre d’être saquée à la télévision:

Les premiers forums où on parlait de zéro déchet, de recyclage, de nouvelles fictions, des groupes queer, LGBTQIA+, des clubs de fans, enfin libérés du diktat télévisuel critique, les premiers lieux sûrs, les forums de santé où on pouvait « chier » sur les professionnels de santé qui nous avaient violenté-es, les premiers lieux d’échanges, de partages de données, de piratages décomplexés, lieux anticapitalistes, altermondialistes. S’il y eut les hippies pour la jeunesse des années 70, nous, nous avons eu Internet. Celui ou celle qui n’avait pas le loisir de sortir, d’avoir une « vie », comme j’ai pu le ressentir adolescente, au moins, nous pouvions communiquer, « faire », « écrire », sentir être jeune, sentir être vivant. Des gars et des meufs sortaient de leur studio étroit pour faire de la Dailymotion ou Youtube money; des Michou, des Squeezie, des Cyprien, des meufs badass semparant des jeux vidéos : Ultia, Baghera Jones, Maghla, Sundae, Horty, AvaMind, DamDam, OPCrotte, Pressea… les premières chaînes twitch militantes…

La jeunesse a besoin des réseaux sociaux.

  • Pour celleux qui souffrent en silence dans leur propre foyer
  • Pour celleux qui subissent de voir souffrir quelqu’un dans leur foyer
  • Pour celleux qui sont témoins de violence
  • Pour celleux que l’école maltraite
  • Pour celleux qui sont méprisé-es, piétinés
  • pour celleux que l’hôpital assaille
  • Pour celleux qui n’ont pas d’autres espaces de liberté
  • Pour celleux qui fuient la censure, la vindicte, le harcèlement
  • Pour celleux qui ne savent pas encore ce que c’est que le racisme
  • Pour celleux qui ne savent pas encore ce que c’est que les VSS
  • Pour celleux qui ne savent pas encore ce que c’est que le néo colonialisme
  • Pour celleux qui veulent apprendre alors qu’ielles n’en ont pas les moyens matériels
  • Pour celleux qui veulent s’évader, se divertir, ressentir, être
  • Pour celleux qui veulent sortir de l’isolement, de la solitude
  • Pour celleux qui ont besoin d’un DIY gratuit
  • Pour celleux qui ont besoin d’une notice, d’une encyclopédie, d’un truc gratuit
  • Pour celleux qui furent éloignés de leurs proches, familles, amis, arrachés, déracinées
  • Pour celleux qui cherchent de la représentativité
  • Pour celleux qui se cherchent
  • Pour celleux qui recherchent
  • Pour celleux qui veulent revendiquer, mais n’osent pas dans la rue
  • Pour celleux qui sont empếché-es
  • Pour celleux qui n’ont pas encore leurs papiers d’identité
  • Pour celleux qui doivent cacher leur identité
  • Pour les handi-crip, à roulettes, sans roulettes, sans yeux, sans oreille, sans voix, mais qui veulent une autre voie
  • Pour celleux qui physiquement souffrent
  • C’est, pour les jeunes, dire qu’ielles ne sont pas bien compris-es car ielles n’ont pas voix au chapitre, n’ont pas de place aux conseils, dans les conciliabules, ne votent pas, ne prennent pas part aux grandes décisions qui concernent leur avenir…
  • Pour celleux qui fabriquent des trucs incroyables, et qui, sans internet, ne pourraient tout simplement pas !

Le blog – safe place

Il y a des environnements plus intéressants par-ci par-là. Le blog par exemple. Tant qu’il n’est pas criblé de publicités ou bien de textes et d’images générés par l’IA. Il fut un temps, je prenais le temps de lire les blogs. Il n’en existe plus beaucoup. Comment revenir à quelque chose de réel, de palpable, le blog, selon wikipédia :

Le terme blog est issu de l’aphérèse d’un mot composé, né de la contraction de Web log ; en anglais, log peut signifier registre ou journal. Ce terme est employé pour la première fois par Jorn Barger, en 1997[7].

Un blogueur ou une blogueuse[8] (en anglais : blogger) est l’individu qui a l’habitude de bloguer[9] : il écrit et publie les billets, sans entrer dans la composition de tous les commentaires qui y sont associés. La blogosphère est l’ensemble des blogs ou la communauté des blogueurs[10]. Parfois, par métonymie, on désigne l’ensemble des blogs d’une communauté précise : la « blogosphère homosexuelle », la « blogosphère des standards Web », etc.[réf. nécessaire]

Un blog, ou blogue[1],[2], est un type de site web — ou une partie d’un site web — utilisé pour la publication périodique et régulière d’articles personnels, généralement succincts, rendant compte d’une actualité autour d’une thématique particulière. À la manière d’un journal intime, ces articles — appelés billets — publiés par son/ses propriétaire(s) ou son/ses webmaster(s), sont généralement datés, signés et présentés dans un ordre rétrochronologique, c’est-à-dire du plus récent au plus ancien. Ils permettent à l’auteur, appelé blogueur, d’exprimer une opinion et sont la plupart du temps ouverts aux commentaires des lecteurs[3].

En 2024, on dénombrait plus de 600 millions de blogs et pas moins de 7,5 millions de nouveaux articles de blog publiés chaque jour[4]. On recensait en 2020, 31,7 millions de blogueurs, alors que dans le monde on estime à trois millions le nombre de blogs qui naissent chaque mois. Toutefois, le nombre de blogs inactifs demeure élevé. Rares sont en effet ceux qui affichent une grande longévité et la majorité d’entre eux sont abandonnés par les auteurs[5].

Un blogueur a aujourd’hui loisir de mélanger textes, hypertextes et éléments multimédias (image, son, vidéo, applet) dans ses billets. Il peut aussi répondre aux questions des éventuels lecteurs-souscripteurs, car chaque visiteur d’un blog peut laisser des commentaires sur le blog lui-même, ou bien contacter le blogueur par courriel[6].


Qu’est-ce que bloguer ?

Bloguer c’est dire.

Ecrire. Dire qu’on est.

que nous sommes la somme de nos vies en dehors et sur les Internets.

C’est remonter à ce qu’on a connu de mieux, de simple, avoir son propre magazine personnel, son propre éditorial, son Tumblr (https://fr.wikipedia.org/wiki/Tumblr), son skyblog.

Aimer, bitcher, critiquer, mais sans faire de mal.

Jusqu’à ce que le harcèlement véritable, celui en dehors des réseaux, prenne une ampleur sans commune mesure sur les réseaux sociaux.
Si vous êtes mineurs, en dessous de 15 ans, que vos parents ne vous ont pas dit…

.. Je vous le dis : passez le chemin des réseaux sociaux.

Vivez.

Dehors

Dedans

Ecrivez

Faites un blog.

Mais si vous avez quelque chose à dire de plus fort

de plus haut

à dénoncer

Les réseaux sociaux seront toujours là.

Surtout quand la justice ou la police n’ont pas le temps de tout examiner, que les profs n’ont pas le temps d’alerter. Que les parents sont aveugles. Courage à toustes.


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