20261310_j’ai reussi à conserver mes appareils électroniques

aujourd’hui – journée nationale de mobilisation étudiante et lycéenne.

J’ai réussi à conserver mes appareils électroniques

Il y a quelque temps, je me suis dit : « Ah non, c’est pas vrai, il va falloir que je change la batterie de mon ordinateur. »

Elle avait baissé drastiquement.

J’ai donc commencé par faire quelque chose que je n’avais jamais vraiment pris le temps de faire : regarder précisément l’état de ma batterie, plutôt que de simplement constater que mon ordinateur se déchargeait beaucoup trop vite.

Chapitre 1 — Mon ordinateur n’avait pas besoin d’une nouvelle batterie

Mon ordinateur a trois ans et fonctionne avec Windows et Linux. Oui, j’ai encore une partie Windows sur mon ordinateur ; l’autre moitié est sous Linux.

Sous Windows, il est possible de générer un rapport extrêmement détaillé sur la batterie. Pour le faire, on peut ouvrir Terminal Windows, PowerShell ou l’Invite de commandes, puis entrer :

powercfg /batteryreport

Windows génère alors un fichier battery-report.html. En comparant notamment la Design Capacity — la capacité prévue à l’origine — et la Full Charge Capacity — la capacité maximale que la batterie peut encore atteindre aujourd’hui — on peut avoir une idée de son état.

Verdict pour la mienne : il ne lui restait plus qu’environ 75,4 % de sa capacité d’origine.

Après trois ans, la baisse est quand même importante. Je pense qu’elle est en partie liée à mon usage : mon ordinateur est très souvent branché, débranché, transporté, utilisé en nomade, puis constamment branché lorsque je suis chez moi. Bref, je n’ai probablement pas été particulièrement tendre avec cette batterie.

Mais quelque chose continuait à me sembler bizarre.

Pourquoi, pour de la simple bureautique — regarder YouTube, écrire dans Microsoft Word ou OpenOffice, utiliser Canva, faire des recherches sur Internet — étais-je incapable de conserver plus d’une heure d’autonomie ?

Une heure !

Au bout d’une heure en déplacement, je n’avais pratiquement plus de batterie.

Et c’est là que j’ai compris que le problème n’était pas seulement la batterie.

Mon ordinateur se comportait comme si j’étais en train de jouer en permanence

J’ai un ordinateur assez spécifique, conçu notamment pour le gaming. Il dispose donc d’un CPU et d’une carte graphique capables de fonctionner à des niveaux de puissance dont je n’ai absolument pas besoin lorsque je suis en train d’écrire un texte dans Word.

Or je ne joue pratiquement plus sur cet ordinateur depuis plus d’un an.

En fouillant dans les réglages, je me suis rendu compte que certaines fonctions continuaient pourtant à privilégier les performances. Autrement dit : j’utilisais une machine configurée pour pouvoir lancer des jeux exigeants alors que j’étais simplement en train de lire des articles et de prendre des notes.

J’ai donc réinstallé Armoury Crate et utilisé également un petit outil de gestion du GPU pour reprendre la main sur tout cela.

J’ai changé plusieurs choses.

1. J’ai remis le GPU en mode Eco.

Pour mon usage quotidien, je n’ai tout simplement pas besoin que la carte graphique dédiée fonctionne en permanence. Le mode Optimisé peut également être intéressant puisqu’il permet à l’ordinateur d’adapter son comportement aux besoins.

2. Je suis repassée à 60 Hz et j’ai désactivé des applications

Quand je fais de la bureautique, je n’ai pas besoin d’un écran fonctionnant à 120 Hz. Pour écrire, lire, naviguer sur Internet ou travailler sur des documents, 60 Hz me suffisent largement.

Si je veux regarder quelque chose dans de meilleures conditions ou rejouer à un jeu vidéo, je peux toujours repasser à 120 Hz.

Egalement, j’ai ouvert le panneau des applications ouvertes au démarrage ctrl+maj+échap et j’ai obligé les applications consommatrices et inutiles à ne pas s’allumer dès le démarrage (exemple : mon installateur de mise à jour de ma souris Logitech… ou Whatsapp).

3. J’ai choisi le mode Silencieux plutôt que le mode Équilibré ou Performance.

Et là, j’ai découvert quelque chose d’assez évident après coup : faire fonctionner continuellement les ventilateurs consomme également de l’énergie.

J’en avais beaucoup eu besoin pendant les canicules de cet été. Mon ordinateur avait tellement souffert de la chaleur qu’il avait même crashé plusieurs fois. Mais les fortes chaleurs étaient passées et je continuais à utiliser des paramètres dont je n’avais plus besoin.

Résultat de toutes ces modifications ?

J’ai récupéré mon ordinateur portable.

Pas au sens figuré : j’ai réellement récupéré la fonction qui était censée être la sienne, celle d’un ordinateur que je peux emporter avec moi sans chercher désespérément une prise électrique.

Avec une connexion Internet — Wi-Fi ou partage de connexion — et en faisant beaucoup de choses, j’obtiens maintenant environ 4 à 5 heures d’autonomie.

Si je fais surtout de la recherche, c’est-à-dire beaucoup de lecture, quelques pages ouvertes, du copier-coller et de l’écriture, je peux même dépasser les 5 heures, parfois autour de 5 h 30.

Tout cela avec exactement la même batterie à 75,4 % de sa capacité d’origine.

Je suis donc particulièrement heureuse de ne pas avoir à la changer immédiatement.

Évidemment, elle est réellement usée. Les réglages logiciels ne vont pas magiquement lui rendre les 24,6 % de capacité physique qu’elle a perdus. Si son état continue à se dégrader fortement — par exemple si elle descend autour de 65 % — j’envisagerai sérieusement son remplacement.

Les températures ont probablement joué également. Les batteries lithium-ion n’aiment pas les températures extrêmes, et mon ordinateur en a connu : de très fortes chaleurs cet été, mais aussi parfois des températures assez basses.

Mais pour le moment : pas besoin de nouvel ordinateur, et même pas encore besoin de nouvelle batterie.

Et cette petite victoire m’a amenée à regarder un autre appareil que j’étais également en train de considérer comme vieillissant.

Chapitre 2 — Mon iPad Pro de 2018 n’était peut-être pas vieux du tout

Avec mon iPad, j’en étais arrivée exactement au même raisonnement :

« Mince. Mon iPad Pro date de 2018. Il va falloir que je le revende et que j’en achète un autre. La batterie est catastrophique, il est lent, ça ne fonctionne plus correctement. »

Sauf que quelque chose ne collait pas.

Cet iPad Pro possède encore une puce suffisamment performante pour ce que je lui demande. Il était parfaitement fluide auparavant, y compris avec des applications relativement lourdes. Pourquoi serait-il devenu subitement aussi mauvais ?

Et surtout, j’avais remarqué que le phénomène s’était considérablement aggravé au fil des dernières mises à jour.

J’ai fini par identifier l’un des gros coupables : les nouveaux effets graphiques et de transparence de l’interface d’Apple, avec cette esthétique de verre omniprésente.

C’est très joli.

Mais sur mon vieil iPad, c’était catastrophique.

J’ai vu la batterie perdre des quantités absurdes d’énergie en très peu de temps, au point d’être pratiquement obligée de rester branchée au secteur. Et je trouve assez scandaleux qu’un appareil encore parfaitement fonctionnel matériellement puisse donner à ce point l’impression d’être devenu obsolète simplement parce que son interface graphique est devenue beaucoup plus exigeante.

Alors j’ai sacrifié un peu d’esthétique.

Les réglages qui ont ressuscité mon iPad

Dans Réglages > Accessibilité > Affichage et taille du texte, j’ai notamment activé Réduire la transparence.

L’interface devient plus opaque. C’est moins spectaculaire, mais cela demande aussi moins d’effets visuels.

Puis, dans Réglages > Accessibilité > Animation, j’ai activé Réduire les animations et désactivé autant que possible les effets automatiques dont je n’avais pas besoin, notamment certaines animations et lectures automatiques.

J’ai également expérimenté avec le mode économie d’énergie. Je préfère ne pas le laisser activé en permanence parce que, sur cet iPad, je trouve qu’il peut lui-même donner une impression de ralentissement. En revanche, je peux le déclencher lorsque la batterie devient faible.

Et me voilà avec un iPad qui, en réalité, n’avait pas du tout perdu toutes ses capacités.

Nous sommes en 2026. Cet iPad date de 2018 : il a donc huit ans.

Et sa batterie affiche encore environ 83 % de capacité. Il y a deux ans, j’étais autour de 85 %. Si cette estimation est correcte, la dégradation récente est donc extrêmement lente.

Surtout, après mes changements de réglages, j’ai récupéré environ 5 heures d’autonomie en utilisation assez intensive : vidéos, musique, navigation, applications…

Et beaucoup plus lorsque je lui demande moins.

Un soir, par exemple, je l’ai simplement utilisé comme une sorte de petite télévision, en laissant tourner séries et films pendant plus de six heures.

À la fin de la soirée ?

Il me restait encore environ 40 % de batterie.

Donc oui : j’ai récupéré mon iPad simplement en supprimant ces fucking animations et une bonne partie des effets de transparence.

Pas merci.

Chapitre 3 — Mais… et mon iPhone ?

Et là, évidemment, je me suis dit :

« Mais c’est bien sûr. Peut-être qu’il se passe exactement la même chose avec mon iPhone ! »

J’ai un iPhone 13 Pro Max, qui date de 2021. Je pensais le remplacer vers la fin de 2027 ou le début de 2028, notamment lorsque le support logiciel et, surtout, la compatibilité avec certaines applications commenceront réellement à devenir problématiques.

Parce que mon problème avec l’arrêt des grandes mises à jour n’est pas tellement de posséder un téléphone considéré comme « vieux ».

Je m’en fiche.

Le véritable problème arrive lorsque certaines applications indispensables commencent à exiger une version du système que l’appareil ne peut plus installer. Je pense notamment aux applications bancaires et à quelques services pour lesquels la sécurité impose régulièrement des versions relativement récentes du système.

Mais avant même d’en arriver là, j’ai appliqué à mon iPhone le même principe qu’à mon iPad.

Moins d’animations. Moins d’effets de verre. Moins de transparence. Moins de choses qui bougent simplement parce qu’elles peuvent bouger.

Dans Réglages > Accessibilité > Affichage et taille du texte, j’ai activé Réduire la transparence.

Dans Réglages > Accessibilité > Animation, j’ai activé Réduire les animations et limité les effets automatiques dont je n’avais pas besoin.

Et là encore : changement spectaculaire.

La batterie de mon 13 Pro Max était déjà relativement bonne — c’était d’ailleurs l’un des gros points forts de ce modèle — mais le téléphone a retrouvé une autonomie beaucoup plus proche de celle dont je me souvenais.

Dans mon usage, je pourrais maintenant tenir environ une journée et demie sans recharge si je le voulais vraiment.

Je ne le fais presque jamais, parce que j’ai toujours peur de me retrouver sans batterie au mauvais moment. Mais je pourrais.

Et tout cela m’amène à une conclusion assez simple.

Chapitre 4 — Avant de remplacer un appareil, regardez ce qu’on lui demande de faire

J’aimerais laisser un petit message à Apple, Microsoft et aux fabricants d’ordinateurs.

Nos appareils ne sont pas nécessairement obsolètes simplement parce qu’ils ont quelques années.

Et surtout : arrêtez de leur demander silencieusement de faire fonctionner à pleine puissance des choses dont nous n’avons pas besoin.

Je n’ai pas besoin que mon ordinateur utilise une carte graphique dédiée et un écran à 120 Hz pour écrire un article.

Je n’ai pas besoin que mon iPad de huit ans calcule continuellement de magnifiques transparences pour me donner l’impression que mes menus sont fabriqués en verre.

Je n’ai pas besoin que chaque fenêtre de mon téléphone glisse, rebondisse, se transforme et devienne translucide pour ouvrir mon application bancaire.

Je veux pouvoir choisir.

Ce qui m’intéresse surtout dans cette expérience, c’est que mes trois appareils semblaient me raconter la même histoire : « Je suis vieux. Ma batterie est morte. Remplace-moi. »

Or ce n’était pas tout à fait vrai.

Oui, les batteries vieillissent. Celle de mon ordinateur n’a réellement plus que 75,4 % de sa capacité initiale. Celle de mon iPad a elle aussi perdu une partie de sa capacité. Aucun réglage ne peut empêcher indéfiniment le vieillissement chimique d’une batterie.

Mais entre une batterie physiquement vieillissante et un appareil configuré de manière inutilement énergivore, il y a une différence énorme.

Et cette différence peut représenter plusieurs heures d’autonomie.

Alors, avant de décider qu’un appareil électronique est arrivé en fin de vie, je vais désormais commencer par me poser quelques questions très simples :

Est-ce vraiment le matériel qui ne fonctionne plus ?

Qu’est-ce qui tourne en arrière-plan ?

Ai-je réellement besoin de toutes ces performances ?

Ai-je besoin de 120 Hz pour écrire ?

Ai-je besoin d’une carte graphique dédiée pour lire Wikipédia ?

Ai-je besoin de transparence, d’animations et de verre liquide partout ?

Parce que, finalement, la meilleure manière de réduire l’impact matériel de nos appareils électroniques reste encore de continuer à utiliser ceux que nous possédons déjà lorsqu’ils fonctionnent.

En quelques réglages, je viens probablement de gagner plusieurs années avec trois appareils que j’envisageais, à des degrés différents, de remplacer.

Mon ordinateur a trois ans.

Mon téléphone en a cinq.

Mon iPad en a huit.

Et ils fonctionnent.

Alors je vais les garder.


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