20260217_podcast Ma pile à lire

Vous pouvez cliquer sur « play » et lire ce podcast. Si vous n’avez pas le son, voici le texte. Attention le fichier audio pourra un jour disparaître, si je décide de nettoyer l’espace blog de fichiers médias trop lourds. J’ai utilisé Dictaphone d’Apple iOS pour la retranscription ainsi qu’Euria pour corriger les fautes :

Texte :


Bonjour, c’est l’heure du podcast. J’étais en train de regarder — en fait, d’écouter — parce que je ne regarde pas tant les petits vlogs des booktubeuses, des spécialistes du livre sur YouTube, qui rangent leur bibliothèque pour me donner du courage et ranger un peu la mienne, entre mes différentes tâches du jour : fabriquer un sujet de partiel, répondre à des mails de recherche et travailler sur mes différentes candidatures et propositions de recherche. Ce que j’ai fait d’une manière très, très lente aujourd’hui, puisque ça a été aussi entrecoupé de faire la vaisselle, dormir, ranger, nettoyer, dormir… Bref, très compliqué, mais on y arrive. Et parfois, il y a des journées où on a l’impression qu’il y a plus de temps qu’il n’en faut — et ça, c’est cool, parce que c’est assez rare, donc il faut bien le mettre en avant.

À côté de ça, j’ai quand même eu le temps de trier la plupart des livres que je ne voulais plus dans ma bibliothèque — ce que je fais assez régulièrement pour essayer de faire de la place — mais là, j’avais aussi comme objectif de faire une pile « à lire », parce que dans la bibliothèque, j’ai beaucoup de livres que j’ai déjà lus, que je conserve pour relecture et pour le travail, et aussi parfois des beaux objets que je souhaite juste garder. En revanche, il y avait aussi des livres « à lire d’urgence » qui sont là depuis quand même assez longtemps, certains que j’avais oubliés et dont je savais qu’il fallait que je m’y attelle. Donc j’avais envie de faire cette petite pile « à lire » avec vous, parce que ça me semble judicieux de le faire en podcast. J’espère peut-être réussir à retranscrire tout ça. Si vous entendez des bruits parasites, c’est que, en fait, je bouge, j’exécute des gestes et des mouvements en même temps que je parle. Oula, et tous mes livres tombent aussi — parce que j’ai fait des piles, et c’est toujours un danger, les piles.

Voilà, alors je sais que j’avais fait — j’avais tourné des vidéos pour parler de mes lectures en cours ces derniers temps — mais je crois que je ne les ai jamais postées sur Internet, par gêne ou par pudeur, je sais pas du tout. Enfin, j’y arrivais vraiment bien il y a quelques années, je n’y arrive plus du tout. Alors même que je prends beaucoup plus la parole en public aujourd’hui, mais dans un cadre différent. Mais ça va peut-être revenir. En fait, c’est juste que j’ai souvent un peu peur, de nouveau, d’être jugée sur mes lectures — alors que c’est très stupide, je peux bien en parler, il n’y a pas de problème. Mais je trouvais que j’étais rentrée dans un phénomène un peu capitaliste du livre et j’ai pas j’ai pas souhaité continuer dans cette voie-là.

Mais malgré tout, je continue à lire. Je sais que j’ai reçu beaucoup de questions de personnes qui me suivaient à l’époque : « Pourquoi tu as arrêté ? » Peut-être que j’étais une source d’inspiration pour elles — ou peut-être que nous nous inspirions mutuellement. Je suis désolée, mais voilà : j’ai vraiment fait une pause sur Bookstagram, comme on dit — l’Instagram du livre.

Mais là, j’ai retrouvé quelques bouquins que je dois lire depuis un moment. Et pour certains, je me suis vraiment posé la question : est-ce que je les garde, ou pas ? Par exemple, il y a deux livres que je vais donner (ou revendre). L’un d’eux a été édité par une maison d’édition clairement à droite — on me l’a offert. Je n’avais pas connaissance de cette maison, mais je me suis renseignée rapidement : j’ai regardé qui était l’auteur, et quelle était sa proximité artistique — ou littéraire — avec d’autres auteurs.

Et je me suis dit : bon, tout ce qui touche à l’aspect religieux m’intéresse… mais quand c’est pour enfermer les choses dans une forme de cloisonnement, ça ne m’intéresse pas. Et pourtant, c’est un livre sur Le Seigneur des Anneaux. Mais je n’ai pas envie d’aller plus loin dans cette lecture, car elle réhabilite l’idée de la Terre du Milieu comme une terre biblique — ce qui n’est pas tout à fait faux : c’est bien ce que Tolkien a voulu. En fait, il a cherché à mettre en balance sa création avec une relecture des mythes de l’Angleterre dans laquelle il vivait, en connaissance des dangers auxquels il faisait face — comme la guerre mondiale, à laquelle il a dû participer, je crois. Enfin, bref. Ce livre partira — en don ou en revente.

Il y a aussi Lolita, de Nabokov. Vraiment, je ne sais pas… Je ne l’ai jamais lu, même si on me l’a conseillé — une dizaine de personnes, peut-être, il y a presque huit ans. C’était encore au programme, notamment de l’agrégation de lettres, et des lectures en fac de lettres. Je n’ai jamais vraiment souhaité le lire. Je voyais bien que Nabokov avait un verbe et une langue d’une beauté exceptionnelle — une manière d’écrire les phrases comme de la dentelle. C’est rare, des auteurs aussi forts à l’écrit. Et malgré ce que beaucoup de critiques littéraires lui ont attribué — l’idée qu’il a essayé, dans ce livre, de nous dégoûter du fait pédocriminel — moi, je n’y arrive tout simplement pas. Je le trouve trop dégoûtant, trop terrifiant. Ça renforce, chez moi, cette vision actuelle des grands scandales — comme l’affaire Epstein, ou d’autres récents, avec les ouvrages de Vanessa Springora, etc.

Et ça, oui — ça me conforte tout à fait. Bah, mon aversion envers toute auteure ou tout auteur — ou toute personne lettrée, politique, ou simplement très haut placée, quelle que soit la hiérarchie : intellectuelle, financière, politique — bref, envers toutes ces personnes qui profitent de la vulnérabilité, de la minorité, des faiblesses des autres pour en faire ce qu’elles veulent… C’est tellement flagrant, chaque page que j’ai essayé de feuilleter rapidement — ça me dégoûte trop. C’est vraiment bien écrit, mais c’est impossible à lire. Il y a des classiques vers lesquels je ne peux plus du tout me tourner.

Et puis il y a aussi des livres très datés — même s’ils ont été publiés dans les années 2000. Vous allez me dire : « Mais ça fait déjà 26 ans ! » — et oui, le temps avance vite. J’ai donc des essais philosophiques où apparaissent encore des termes comme « intersexe » au lieu de « transgenre », et une vision du genre qui est… comment dire ? Un peu dépassée, voire pas du tout représentative de ce qu’on sait aujourd’hui. Toutes ces choses-là, je préfère les redonner au marché du livre.

Il y a aussi quelques ouvrages — beaux livres, bandes dessinées, ouvrages de vulgarisation — qui ne m’intéressent plus vraiment. Je les laisse partir.

Mais j’ai hésité à laisser partir En terre étrangère, de Robert Heinlein — un roman de science-fiction écrit dans les années 60. Ce n’est pas vraiment sa période la plus socialiste, je crois — c’est plutôt la période où il se droite. Oui, c’est un auteur qui est passé du communisme à la droite — mais on pourrait parler plutôt d’une droite libertarienne, proche d’un milieu un peu punk-anarchiste… sans grande réflexion, en fait. On voit qu’il ne s’est politisé que tardivement — il a fait plusieurs fois des candidatures, d’abord à gauche, puis plus à droite. C’est l’aspect libertarien qui ressort le plus chez Heinlein — aujourd’hui, il est admiré par des personnalités comme Elon Musk, etc.

Et ça se comprend, en fait — dans En terre étrangère, malgré tout, c’est un roman intéressant. Écrit dans les années 60, il se rapproche le plus, je trouve, des écrits des Lumières du XVIIIe siècle — comme Voltaire — qui ont pensé la rencontre avec l’Autre, l’altérité, la notion d’étranger… le fameux mythe du bon sauvage, mais revisité en science-fiction.

Certes, ce livre ne m’appartient pas — je l’ai retrouvé dans une bibliothèque, et je l’ai eu gratuitement. Déjà, il a une odeur de poussière délicieuse — ce que j’aime beaucoup. C’est débile comme critère, je sais : je ne veux pas garder un livre d’un auteur de droite parce qu’il sent bon. Mais en plus, c’est une belle édition — elle fait partie de la collection Chefs-d’œuvre de science-fiction, dirigée par Pierre Versins. Et dans la préface, Versins n’est pas tendre avec Heinlein : il préfère se souvenir de lui comme quelqu’un qui n’avait pas une bonne pensée politique — et qui n’a jamais vraiment pensé le politique comme quelque chose d’important.

Mais il avait, en fait, quelques fois des traits intelligents — ou d’intelligence, dirais-je — malgré le fait qu’on puisse toujours trouver plusieurs interprétations à ses propos. Pierre Versin a d’ailleurs cité quelques-unes de ses déclarations, notamment quand Heinlein était proche des communistes — puisqu’il avait pu visiter, à l’époque, des pays comme l’URSS ou la Chine communiste.

Voilà, ce sont des choses intéressantes à croiser — pour voir ce qui a pu inspirer de nombreux auteurs de science-fiction. Car c’est quand même un livre très lu. Mais je pense qu’il y a plein de choses que je vais détester. Peut-être que je vais juste le feuilleter, lire quelques passages… et le jeter directement au feu. Je ne sais pas encore. C’est vrai que je l’ai depuis quelques années — et j’ai un peu peur de m’y mettre.

Ensuite, il y a Médecin des morts, de Philippe Charlier — un récit de paléopathologie. Une dizaine de panoramas, sur des figures comme Agnès Sorel, Jeanne d’Arc, Descartes, etc.

J’aime bien ses petites fiches, ses chroniques — que j’ai pu voir ou entendre à la radio, en conférence. Mais mon gros problème avec lui, c’est que, en tant que médecin légiste — paléopathologue, donc — certaines de ses affirmations, d’un point de vue historique, ne sont ni vraies, ni vérifiées, ni même vérifiables.

Car ce que la science — l’étude médicale, médico-légale — des corps après la mort des personnalités historiques peut permettre de déduire — par exemple, les caries, le manque de dents, la forme du crâne — peut parfois insinuer des choses pour les scientifiques. Mais pour l’historien, c’est souvent du déterminisme. Et c’est un peu gênant.

Par exemple, il y a eu récemment cette reconstitution de la voix d’Henri IV — à partir de la forme de son crâne, de sa mâchoire, de sa bouche. Ça paraît fou — et oui, l’intelligence artificielle peut aider à ça. Mais en vérité, si on creuse un peu, un excellent professeur d’histoire — celui qui fait des cours en ligne — a expliqué que ce crâne-là… n’a jamais été attesté comme étant celui d’Henri IV. Seule l’équipe de Philippe Charlier l’a affirmé. Toutes les autres équipes qui ont travaillé dessus ont toujours dit que c’était probablement faux.

Et c’est le cas pour la plupart des anecdotes de ce livre : certes, on peut déduire qu’une carie révèle une certaine alimentation à une époque donnée. Mais en vérité, on ne peut pas dire si c’était parce que c’était une élite qui mangeait trop de sucre… ou parce que cette personne avait une fragilité génétique, ou encore qu’elle mangeait plus de sucre que sa classe sociale.

Enfin bref, il y a trop de paramètres qui ne sont pas étudiés. Mais malgré tout, ça reste intéressant — c’est de la vulgarisation, je pense. Je vais encore le feuilleter, et si ça ne me plaît pas plus que ça, je le donnerai, évidemment.

Il faut aussi que je lise Éloge du végétarisme, d’Élisée Reclus — ce célèbre géographe, écrivain, anarchiste et écologiste de renom. Je voudrais voir quelle est sa vision du végétarisme — un végétarisme franco-français, en quelque sorte. Ça m’intéresse. Le livre est très court — je pense que je pourrais le lire en une heure. Et je ne sais toujours pas pourquoi je ne l’ai pas encore lu.

Il me reste aussi La Nuit des temps, de René Barjavel. Je l’ai gardé longtemps, mais je m’étais arrêtée sur ma relecture — parce que c’est une histoire d’amour qui ne correspond plus vraiment aux attentes d’une histoire d’amour au XXIe siècle. Écrit en 1968… Oui, je pense que ce livre va partir. Et si je veux le relire, il est toujours disponible en bibliothèque.

J’ai aussi retrouvé quelques petits livres sur le bouddhisme — parce que je voudrais absolument me remettre à ces lectures. J’avais déjà commencé : il y a Le BouddhismeLe Tao, des mélanges, un peu de tout — le petit véhicule, le grand véhicule… J’ai un peu de tout. Des écrits traduits du Bouddha, Le Vide et le Plein de François Cheng, aussi Quand il fait du bouddhismede Marion d’Absence — une analyse du bouddhisme à travers un prisme occidental, ce qui a beaucoup modifié les choses. Et L’Enseignement du Bouddha par Walpola Rahula — des textes assez anciens.

Mais avec ces traductions, c’est comme la Bible ou le Coran : il y a toujours un biais de réécriture. C’est vraiment quelque chose que je dois revoir.

Il y a aussi des petits livres que j’hésite à garder — comme Je passe au low tech à la maison, de Pierre-Alain Leveque et Clément Chabot, édition poche Marabout. En fait, ça m’intéresse — j’ai presque tout lu. C’est hyper intéressant : des pages entières sur les moyens de chauffage les plus écologiques — dont certains dont je n’avais jamais entendu parler, ou que je savais existants, mais sans savoir qu’on pouvait les mettre en œuvre en France — par exemple, le puits canadien. Et des schémas sur comment faire un bon compost, se chauffer en hiver, des questions sur l’eau, les toitures, les énergies, l’assainissement… Bon, c’est de l’ultra-vulgarisation. J’ai fait le tour — je pense que je vais le laisser en boîte à livres, pour quelqu’un en transition, parce que j’ai d’autres livres de low-tech beaucoup plus complets.

Ensuite, j’ai aussi plusieurs livres historiques — par exemple, un sur l’Extrême-Orient au XVIIe siècle. Il faut que je le lise, mais je ne suis pas sûre de l’apprécier totalement — car c’est aux éditions Payot. Et Payot, c’est un mélange : il y a des choses très bien, et d’autres avec un prisme très occidental, centré — parfois même un prisme blanc. C’est souvent dérangeant… mais parfois, il faut se remettre à ces lectures pour comprendre les tenants et aboutissants de la notion de voyage, de récit de voyage, de récit de soi à travers le voyage. Ce que j’aime bien.

J’ai aussi La Mythologie des arbres, de Jacques Brosse — un livre qui me met un peu mal à l’aise. Il était moins zen, très porté sur la spiritualité, le mysticisme. Philosophe, historien des religions — et défenseur de la nature, dans une version très divinisée. En fait, tout ce qu’il raconte, c’est la mythologie telle qu’on la connaît — non dépoussiérée. Aphrodite, Cérès, Éa, Dionysos… Pardon, je souffle.

En fait, j’ai beaucoup travaillé là-dessus — j’ai même écrit un article sur la relecture des mythes à l’aune de la misogynie au XVIIe siècle. C’est vraiment passionnant. Et je voudrais quand même le garder — pour pouvoir un jour répondre à ce genre de livre. Attendez, je vous dis de quand ça date : 1989. Donc, presque 36 ans. Et dans ce genre d’essais Payot, on a souvent le prisme de la mythologie grecque, romaine — notre grande mythologie. Mais n’oublions pas la mythologie africaine, très différente — et toujours, malheureusement, lue à travers un prisme un peu bizarre. Quand je lis Jacques Brosse, je suis souvent mal à l’aise. Mais je le garde — ne serait-ce que pour travailler sur un récit qui pourrait répondre à cette relecture de la mythologie des arbres.

Bref, je ne sais pas si vous m’avez compris… mais ensuite, j’ai Éloquence de la sardine, de Bill François — Éloquence de la sardine : incroyables histoires du monde sous-marin. Ça a l’air franchement top.

Bill François est chercheur en hydrodynamique — je ne sais pas exactement ce que ça veut dire, mais il est passionné par le monde marin, amoureux des mots… et apparemment, il ne parle pas uniquement de sardines.

Je m’étais dit : tiens, je vais l’acheter — déjà, la couverture est absolument trop mignonne. C’est chez J’ai lu — et oui, c’est trop mignon. En fait, je l’avais acheté pour le lire au bord de la mer. Sauf que, la dernière fois que j’y suis allée… je ne l’ai pas lu. C’était il y a un moment. J’ai très hâte de retourner à la mer — très, très hâte. Ces images de poissons sur la couverture me donnent envie d’y retourner immédiatement… juste pour sentir l’odeur, en fait. Mais je ne sais pas si ça va me plaire — on verra bien.

Et puis, c’est à peu près tout pour le reste de ma pile à lire — j’en ai tellement d’autres, je pense que je vous en reparlerai.

Ah si — juste pour terminer ce podcast : j’ai aussi Outlander, de Diana Gabaldon. Vraiment, honte à moi — ça fait à peu près dix ans que j’ai ce livre… non, je plaisante. Mais si — attendez, je vérifie : si je l’ai acheté en 2016… ça fait dix ans. Attendez, je regarde… Mon ami, il a été republié, celui-là. Ouais — donc ça fait douze ans que je le garde dans ma pile à lire. Douze ans. Il faut vraiment que je le lise.

Et si c’est vraiment de la merde — je ne veux pas insulter ceux qui aiment Outlander — si c’est vraiment pas bon, je m’en débarrasserai. Mais je ne sais pas… j’ai l’impression que je vais kiffer. J’ai aimé Le Livre perdu des sortilèges, des trucs dans ce genre — des romances. Bon, j’ai pas aimé Twilight, mais peut-être que les histoires de couple dans Outlander ont un peu mal vieilli — c’est très possible, d’autant que j’ai vraiment pas aimé la saison 1 de la série. Donc, à voir.

Bref, je vous laisse — et pour la deuxième partie de la pile à lire, nous nous retrouverons bientôt. Elle n’est pas terminée : elle est constituée d’à peu près le double de livres que je viens de vous mentionner.

À bientôt.



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