20260801_Jim Queen (film animé, 2026), quelques DVD et céramique abstraite

Faire avec ses mains

J’ai participé à l’atelier céramique chez Nathalie Schweitzer . C’était un atelier retour à la terre, atelier de réflexion sur les matériaux, la matière, la terre, le sable, le minéral, l’eau et le toucher. On a adoré.


Hier, nous avons participé à un atelier céramique dans un cadre exceptionnel, niché directement sur les rives de la Loire. Avant même de commencer à modeler, le paysage s’est imposé comme une source d’inspiration majeure. Le temps était idéal : une température douce, un air frais et seulement quelques nuages parsemant le ciel.

La Loire nous a offert sa silhouette lumineuse, bien que marquée par la sécheresse actuelle. De nombreux bancs de sable affleuraient, contrastant avec une végétation restée étonnamment verte. Le décor était vivant : des salicaires en fleurs, quelques plantes invasives, et une faune active avec des goélands, des sternes, des grues et d’autres oiseaux dont les cris résonnaient au loin.


L’arrivée dans ce petit village portuaire, avec son bateau et l’omniprésence de l’eau, a créé une ambiance propice à la création. Cette immersion nous a naturellement guidés vers la manipulation de la terre, avec l’envie de proposer des formes organiques, inspirées par la nature environnante.

J’ai adoré retrouver le contact de la matière. Nous avons travaillé sur des objets guidés par l’instinct du toucher, créant des formes ni conventionnelles ni purement conceptuelles, mais plutôt abstraites et libres. Chacun•e a pu exprimer sa créativité à sa guise, faisant de cet atelier un moment de détente absolu, une véritable parenthèse pour déconnecter complètement du quotidien.


Jim Queen – le feel good instantané !

J’ai récemment eu la chance de découvrir Jim Queen, le premier long-métrage d’animation du studio Bobbypills, et le moins que l’on puisse dire est que j’ai adoré. Mieux encore : nous étions tous hilares dans la salle. Entre émotion et fou rire, ce film a offert une parenthèse suspendue, un moment de communauté précieux entre deux journées de canicule insupportable. Rire ensemble des mêmes situations a créé une belle connexion avec le public.

Le long-métrage, étonnamment court et rythmé, suit Jim, Jim Parfait, une véritable star des réseaux sociaux au sein de sa communauté. Influenceur principal d’une salle de sport, il incarne une certaine image de l’homosexualité masculine : musclée, soignée, obsédée par les protéines et l’apparence physique. Jim est constamment en train de se filmer, de se mettre en scène dans des situations improbables pour soulever des poids ou promouvoir des sponsors, toujours accompagné de son assistante qui gère sa carrière tel un impresario.

Le basculement survient lorsque son corps commence à changer : ses muscles diminuent. Le diagnostic à l’hôpital est aussi absurde que génial : Jim a attrapé un « virus hétéro », mettant fin à son statut de personne gay. S’ensuit une quête délirante pour trouver un remède, aux côtés d’une galerie de personnages hauts en couleur.

Le film a suscité des polémiques, mais comme souvent, cela dépend du point de vue. Personnellement, j’y vois une satire intelligente. Dès le départ, le film met les points sur les i : il ne prétend pas représenter toute la communauté LGBTQI+, mais se concentre sur une satire de la communauté gay blanche et masculine. Il se moque gentiment de la façon dont nous regardons ces communautés, et de la façon dont elles se regardent entre elles. Il y a cependant un vrai problème de représentation des communautés gay racisées, drag, trans, lesbiennes et féministes. Peu de films de ce genre vont porter sur leurs communautés. En attendant que cette visibilité arrive, Jim Queen ne fait pas oublier que la communauté gay blanche a aussi encore beaucoup de difficultés à s’imposer dans la pop culture. Par exemple : le film a eu beaucoup de mal à être financé.

L’histoire s’ancre aussi dans une société française contemporaine (le film se situe en 2026), où l’homosexualité reste mal vue par les partis conservateurs de droite. On y croise par exemple la mère d’un personnage, ministre de la Santé, conservatrice aux tendances fascistes. Le scénario regorge de références cinématographiques et culturelles liées à la communauté gay, traitées avec subtilité sans jamais être étouffantes.

Ce qui rend Jim Queen unique, c’est qu’il rompt avec une certaine tradition du cinéma gay souvent dramatique ou misérabiliste (ce n’est pas une volonté propre des cinéastes, c’est lié à la situation socio politique des communautés gay). Ici, pas de tristesse. C’est un film d’action, où les blagues fusent sans arrêt, tant par des dialogues ciselés que par un humour visuel très cartoonesque, rappelant American Dad ou South Park. Cette acidité rend le film particulièrement rafraîchissant.

Pourtant, ne vous y trompez pas : l’histoire est bien ficelée et l’on ne s’ennuie jamais. Et oui, on finit tout de même par verser une larme à la fin, tant le scénario est efficace.

Verdict Jim Queen est une petite pépite, unique en son genre. On en ressort meilleur qu’en y entrant. Et plus frais ! C’est un très bon film que je conseille à tous, quel que soit votre horizon.

Le revoir m’aurait permis de compter toutes les références culturelles à la seconde !

L’équipe de création et le casting vocal du film Jim Queen sont excellents ! :

Réalisation
Le film est co-réalisé par Marco Nguyen et Nicolas Athané. Il s’agit du premier long-métrage du studio d’animation français Bobbypills.

Casting des voix françaises
Le film bénéficie d’un casting principalement issu de la communauté LGBTQIA+ et de personnalités du milieu artistique :

  • Alex Ramirès (artiste drag et chanteur) : voix de Jim Parfait, le protagoniste.
  • Jérémy Gillet (acteur et humoriste) : voix de Lucien, le compagnon de quête de Jim.
  • Shirley Souagnon (humoriste et autrice) : voix de Nina.
  • Philippe Katerine (chanteur et acteur) : voix de la Prostate (un rôle surprenant et décalé).
  • François Sagat (acteur et ancien acteur de films pour adultes) : voix de Pavel.
  • Harald Marlot : voix de Glamydia.

J’ai vu des films …

Je poursuis mon visionnage méthodique de ma vidéothèque DVDthèque, lettre par lettre. Après avoir franchi le cap du « 2 » avec 2 Days in Paris et 2001 : L’Odyssée de l’espace, où 12 Hommes en colère. je me suis attardée sur deux titres majeurs commençant par « A », offrant trois expériences cinématographiques radicalement différentes mais tout aussi captivantes.

Abyss :
Premier arrêt avec Abyss (1989) de James Cameron. Le film relate l’histoire d’un couple de plongeurs professionnels, spécialistes des grandes profondeurs, appelés pour une opération de sauvetage délicate sur une plateforme pétrolière en détresse. Mais ce qui devait être une mission de routine se transforme en cauchemar lorsqu’ils découvrent que leur sous-marin abrite une tête nucléaire, dans un contexte géopolitique tendu marqué par la peur soviétique.

Techniquement, le film est une claque intemporelle. La réalisation est si moderne qu’on en oublie l’âge du film. Les scènes sous-marines sont d’un réalisme saisissant : peu d’incrustations 3D, mais des effets spéciaux pratiques réalisés en situation réelle, avec les acteurs réellement immergés. Les robots et les créatures des profondeurs restent bluffants.

Côté scénario, bien que linéaire en apparence, il tire sa complexité et sa tension de la situation de stress extrême. La claustrophobie guette le spectateur à chaque immersion supplémentaire, où la mort semble imminente. Ed Harris y livre une performance magistrale, portant un film long, typique de la filmographie de Cameron, mais où l’ennui n’a pas sa place tant l’urgence est palpable.

A Dangerous Method par Cronenberg
Second arrêt, bien plus contemplatif, avec A Dangerous Method (2011) de David Cronenberg. Le film met en scène la rencontre tumultueuse entre Sigmund Freud et Carl Jung. D’abord admiratifs et liés par une correspondance intense, les deux pères de la psychanalyse finissent par se déchirer professionnellement et humainement, divergeant radicalement sur leurs approches des patients, et particulièrement des patientes.

Le film est une lente immersion, non pas d’une histoire de la violence (A History of Violence) dans la construction et les tâtonnements des fondations de la psychanalyse. Cronenberg, bien que s’appuyant sur des faits historiques et la correspondance réelle (notamment les autobiographies de Jung), prend des libertés de mise en scène audacieuses. Il utilise parfois des inserts textuels pour contextualiser la montée de l’antisémitisme et son impact dévastateur sur la carrière de Freud.

Si la perspective narrative suit principalement Jung et sa relation complexe avec son assistante et maîtresse, Sabina Spielrein (incarnée par une Keira Knightley remarquable qui évolue pour devenir psychiatre elle-même), le film semble prendre la défense de Freud.

La construction du film est atypique : un début déroutant, presque « bancal », qui laisse place à une toile de fond psychologique d’une grande finesse. Il ne s’y passe « presque rien » en termes d’action, mais tout se joue dans l’intériorité des personnages. On a l’impression que Cronenberg n’a pas réalisé ici un simple drame historique, mais bien une « histoire de la psychologie », disséquant l’esprit de ses propres créateurs. La tension sexuelle qui sous-tend toute l’idée de film est, de fait, presqu’inexistante.


À couteaux tirés :

Pour clore cette session de rattrapage, je me suis replongée dans À couteaux tirés (Knives Out), le film de Rian Johnson avec Daniel Craig. Ce n’est pas une simple adaptation, c’est une réinvention audacieuse et contemporaine des romans d’Agatha Christie. Le film réussit le pari difficile de rendre le genre du « Cozy Crime » (ces enquêtes à huis clos dans des manoirs cossus) à la fois extrêmement drôle et caustique.
Le plateau d’acteurs est tout simplement formidable. Autour de Daniel Craig, qui compose un détective Benoît Blanc aussi charismatique que légèrement ridicule, on retrouve des monstres sacrés comme Jamie Lee Curtis et bien d’autres « bêtes » de la scène. L’humour est détonnant, fonctionnant à plein régime de la première à la dernière minute. Même si le spectateur devine parfois l’identité du coupable, cela importe peu : le véritable plaisir réside dans le spectacle de cette famille bourgeoise et aristocratique se faisant lentement et méthodiquement humilier.

Une lutte des classes jouissive
Sous ses airs d’enquête légère, le film est une satire sociale d’une puissance rare. Il dissèque avec précision le mépris de classe et les tensions d’une lutte des classes moderne, le tout enveloppé dans une enquête bien ficelée. La fin est particulièrement jouissive, offrant une résolution qui satisfait autant l’intrigue policière que la vengeance sociale.

C’est la définition même du « Cozy Crime » réinventé : un film que l’on peut revoir plusieurs fois sans se lasser, tant la écriture est fine et la critique sociale pertinente. Une véritable pépite qui prouve que le genre policier peut être à la fois intelligent, hilarant et profondément engagé.



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