L’eau
J’ai pris l’eau en photo pour vous. Est-ce que l’eau m’apaise ? Oui. Mais pas tant. Elle effraie aussi. La mer encore plus. Elle est notre véritable infini. L’on ne connaît que la partie émergé de l’eau. Celle d’en bas nous échappe. Est-ce tant mieux ? Non pas tant.

D’ailleurs, j’ai écouté ce podcast intéressant:
J’avais écrit un truc sur l’eau ici : https://lisiereswebzine.com/perspectives-historiques-eau.html
J’ai goûté sur un mer la christe marine sur un mur, rien à voir avec Jésus, plante dite fenouil des mers ou perce-pierre. J’y ai trouvé sur ma langue le sel de tout. Le sel de rien. Une touriste me regardait l’air de dire « que fait-elle à manger le mur? ».
J’ai lu des pages et des pages d’un roman sur la naissance d’un pont. Dédicacé en 2014 et jamais lu. Je lis, patiente. Le vent tourne lui-même les pages. Indocile. Et j’ai couru sur la plage à la recherche du Bilal perdu.



Il n’y a plus d’eau. Disparue l’eau. Je la cherche dans les fissures de la Terre, dans ses moindres craquelures, dans les anfractuosités. A l’arrosage, une douce rumeur s’éprend de la terre qui exhale une humeur vaporeuse et soupire de la vapeur d’eau. Les plantes jaunissent, rendent l’âme à tout va. C’est l’eau qui est l’eau qui est l’eau de mon corps entêté, assoiffé. J’ai le corps qui s’échauffe. Les veines lâchent. Le corps lâche. Les tendons lâchent. Tendent tendent aux mains l’eau de la pluie ne tombent qu’en gouttelettes dépareillées du ciel sombre et rose d’après l’éclipse. Où es-tu l’eau des champs ? L’eau des sources ? L’eau de mer est si chaude. Brûlante comme sur les toits nommés désirs. J’ai fait la danse de la pluie. Posé un cierge pour la pluie. Aucun dieu ne m’a répondu. Même les restaurants appelés Le Poseidon, du nom d’un dieu violeur, aucune aide ne vient. L’eau manque. Dans les jarres le vin. Dans les verres le jus de pomme divin. Plus d’eau qui vaille. Le goût du chlore au robinet. Alerte critique à Chambray. L’eau n’est plus. Celle des méga-bassines s’évanouit dans la nature en molécules éparses. La déesse de l’eau la reprend et la redistribue au Ciel. Grâce au Ciel. Rends-nous l’eau. Mais pas trop vite. Pas trop brusquement. Pour ne pas effondrer les sols. Ne pas effondrer la terre. Ne pas inonder nos âmes meurtries d’été.
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