Rangement
Petit rangement sous le meuble TV. Les CD sont bien ordonnés, mais on voit les câbles … une idée de génie me viendra plus tard.

Sinon, en triant mes affaires, j’ai retrouvé mes fiches de révisions pour le CAPES d’histoire géographie, un concours que je suis fière d’avoir réussi un jour. J’y ai mis tout mon coeur. J’ai cru à l’avenir qu’on me donnait. J’y ai cru. J’ai cru même aux mensonges. J’ai été loin, très loin géographiquement pour le passer. J’ai sué. J’ai été loin dans mes retranchements. Tout ça pour finir par me dire, que oui, ma passion reste l’enseignement – mais les conditions pour exercer sont parfois – souvent trop difficiles.
Mes fiches de géographie :




Neutralité ?
Il y a des personnes qui travaillent en ce moment même dans la même « branche » ou « discipline » de recherche que moi et qui continuent comme si de rien n’était. Comme si le monde n’était pas en train de se déliter. Ces personnes partent dans des pays où elles ne regardent même pas les conséquences politiques des régimes soutenus là-bas. Elles ferment les yeux sur le changement climatique, l’immigration, les répercussions de la colonisation de la Palestine, de la guerre en Ukraine. Elles y parlent des sujets futiles de leur recherche. Elles sont aveugles vis-à-vis de leurs privilèges de personnes blanches érigées en une soudaine élite, entourées d’autres personnes qui souffrent du silence, du mépris de classe, de genre, de l’indifférence face aux difficultés. Ces personnes se disent féministes ou écologistes, mais d’un autre côté elles sont matérialistes, dans le mauvais sens du terme, elles sont validistes. Elles ne sont jamais des alliées. Elles recréent un cocon isolé, un entre-soi excluant, comme par le passé, elles reproduisent la domination des mâles que ces personnes veulent confronter. J’en ai marre de la neutralité lorsqu’elle se borne tout juste à faire semblant de voir sans voir. Je suis en colère. Et j’y pense tous les jours. En attendant, heureusement, ces personnes sont minoritaires. À mon avis, elles devraient changer rapidement. Sous peine d’être en décalage total avec l’air du temps.
J’ai lu et écouté :
un manifeste Offpunk de Ploum.net
https://pca.st/episode/fe473975-cda1-49ef-b01c-d7193629f7b2
J’ai vu
Au cinéma, j’ai vu In Waves

Il y a des films qu’on attend sans le savoir. Parce qu’on voulait un peu de tendresse et de belles images. In Waves, c’est le premier long métrage de Phuong Mai Nguyen (déjà remarquée pour son travail sur l’adaptation animée de Culottées). Présenté en séance spéciale à l’ouverture de la Semaine de la Critique à Cannes 2026, puis en compétition officielle à Annecy la même année, le film adapte le roman graphique autobiographique d’AJ Dungo, publié en France chez Casterman en 2020. Je l’ai vu aux Studios Cinéma de Tours. Bien que pendant les trois premières minutes nous ´n’avons pas eu le bon film. 😉
Une histoire d’amour et de deuil, portée par l’esprit du surf
Le postulat est simple, mais pudique : AJ, adolescent discret et passionné de skateboard et de dessin, rencontre Kristen au lycée à Los Angeles. Elle vit pour le surf et l’océan. Les premières images de l’océan et des vagues sont magnifiques. Si vous n’aviez pas lu le synopsis, vous savez en les voyant que quelque chose de grave va se passer. Les deux AJ et Kristen tombent amoureux et puis la maladie s’invite, bouleversant un microcosme d’un quartier tranquille, installé par strates et avec délicatesse depuis le début du film. Le film choisit de raconter cette histoire à hauteur de vague : le surf devient à la fois refuge, métaphore et fil conducteur, une manière de dire la persévérance et la beauté au milieu de l’adversité. Un regret pourtant, celui de ne pas en savoir plus sur le projet d’histoire du surf du narrateur-protagoniste.
Bien que l’action se déroule en Californie avec des personnages américains, le film est en langue originale française, la réalisatrice ayant personnellement choisi ses comédiens et comédiennes de doublage. La touche reste donc très « française » : la qualité peu moralisatrice du long métrage, où le développement du film se situe plus dans les images que dans les dialogues ou la narration (au contraire de ce qu’aurait été un film américain).
Sur le plan formel, les retours sont unanimes : même le caissier a ajouté en me vendant le ticket « préparez vos mouchoirs ». J’en avais préparé trois, j’en ai utilisé deux. In Waves une œuvre d’une grande élégance graphique, où la lumière californienne est superbement restituée, et où les séquences de glisse dégagent une poésie rare, portée par une bande-son signée Rob et OkLou que je ne connaissais pas. Les bruitages sont aussi d’une grande qualité.
C’est d’ailleurs ce qui fait défaut au film, une écriture parfois moins audacieuse que l’ écrin visuel de la réalisatrice. Il manque donc quelques scènes dialoguées poir ajouter au drame et au mélodrame. Entre film d’adolescence et quête initiatique, il est tout de même impossible de rester insensible à la magie d’In Waves.
Sortie en salles françaises le 1er juillet 2026, distribué par Diaphana.
Armaggedon
Pas grand chose à dire sur ce film. Je le regarde comme un pur divertissement, offert avec grincements de dents compris. Inclus misogynie, sexismes, racisme, moqueries diverses sur le physique, militarisme, impérialisme, masculinisme et armes à feu. N’empêche que le film de Michael Bay est très efficace et servi par une très bonne première partie, avec la fine équipe (c’est un pléonasme) et une seconde partie pleine d’explosions et de non sens, de Liv Tyler pleurnichant ou de l’ombre du président des Etats-Unis vénère. Le film se pare également d’un discours pro militaire et technosolutioniste, pro forage de pétrole.
Le film est né en même temps que Deep Impact de Mimi Leder, sorti la même année sur un postulat similaire (astéroïde menaçant la Terre). Les deux films sont souvent lus en miroir : Deep Impact est vu comme la version scientifiquement plus rigoureuse et mesurée, quand Armageddon assume pleinement le spectacle et l’esbroufe visuelle plutôt que la vraisemblance.
Michael Bay lui-même a expliqué que voir Les Aventuriers de l’arche perdue enfant lui avait donné envie de devenir réalisateur — l’aventure spectaculaire spielbergienne est clairement une matrice pour son cinéma. Plus largement, on cite souvent parmi ses références Ridley et Tony Scott, Spielberg, George Lucas, ou encore Robert Wise.
Le film oscille ainsi entre plusieurs styles, dans un patchwork d’archétypes américains; forages pétroliers, cow-boys texans, mythologie NASA. Ce qui donnera aussi lieu à de nombreux autres films du même genre. Le tout a un côté un peu nanar car Bay vient du monde de la publicité et du clip musical, et son chef opérateur John Schwartzman (avec qui il avait déjà tourné The Rock) a construit un style de montage très rythmé, hérité de cette culture de l’image publicitaire plutôt que du cinéma classique de SF.
Le film suit une idéologie américaine puriste et puise dans un imaginaire religieux et patriotique américain (invocations bibliques, exceptionnalisme national) davantage utilisé comme dispositif esthétique que comme véritable propos théologique.

Varda en Californie – les films d’Agnès Varda filmés en Californie
Ces cinq films forment un corpus, souvent réunis sous le titre Agnès Varda in California, tournés lors de deux séjours américains, à la fin des années 1960 puis 1979-1981, et donc lors d’évènements socio-politiques majeurs aux Etats-Unis comme en France.
Uncle Yanco (1967) et Black Panthers (1968) sont les deux courts qui ouvrent ce cycle. Le premier, portrait joyeux et bricolé de son oncle peintre-marin à Sausalito, annonce déjà cette manière vardaienne de mêler le document et l’auto-fiction affectueuse. J’ai beaucoup aimé ce portrait. Varda y déclare qu’elle avait un peu peur de l’interview, mais que c’est le membre de sa famille qu’elle a le plus aimé filmer. L’extravagance du personnage le rend intéressant et offre un beau contraste à la culture américaine. Le second prend le temps de saisir sur’la pellicule les manifestations autour du procès de Huey Newton à Oakland; un témoignage politique direct, rare chez elle à l’époque, filmant au plus près des Black Panthers au moment où ils avaient encore un programme et une utopie concrète, et proposant ainsi pour la première fois un renouvellement théorique décolonial majeur outre-atlantique.
Lions Love (…and Lies) (1969) est sans doute le plus singulier : il met en scène un trio (Viva de la Factory Warhol, et les auteurs de Hair Rado et Ragni) vivant dans une maison louée sur les collines hollywoodiennes, entre quête de célébrité et fantasmes sexuels et politiques. C’est la grande époque de la libération sexuelle par les drogues mais aussi par l’art visuel. Le film marque pour Varda, la tentative de documenter la contre-culture américaine de la fin des années 60, sa caméra étant comme aimantée par la lumière et les piscines étincelantes, ces petites scénettes propres à saisir un aspect paisible d’une ville californienne en train de se fissurer. C’est un film un peu long, vulgaire dans sa première partie, mais géniale dans la seconde partie, sur l’artifice californien.
Dans cette rétrospective, Varda ne filme jamais l’Amérique comme une carte postale, mais comme un terrain d’observation sociologique et affectif — la contre-culture, les minorités, la solitude urbaine — toujours porté par cette curiosité documentaire mêlée d’empathie qui traverse toute son œuvre.

Laisser un commentaire