Comment a-t-on fait ces dernières canicules ? Certain•es ont acquis des mini-clim, d’autres ne pouvaient pas et ont pris des ventilateurs, d’autres ont fui le lieu du crime… et d’autres ont subi.
Je n’arrivais plus à réfléchir.
Je n’arrivais plus à être moi. J’avais mal, j’avais chaud, certes. Mais surtout, j’avais du mal à dormir et à récupérer. Je ne transpirais plus. Boire n’était plus suffisant. J’avais déjà fait une sorte de crise de déshydratation en mai, voilà qu’en juin, tout recommençait, puis en juillet, reste plus que le mois d’août.
Les oiseaux se sont tus. Ils n’ont chanté qu’en silence et tôt le matin. Leur petit manège a cessé, celui de s’égosiller pour s’impressionner les uns les autres. Plus besoin. Désormais c’était de la pure survie individuelle. La grive est morte. Les papillons sont morts. Les insectes peu à peu ont diminué la voilure. Plus assez de pollen. Plus assez de nectar. Plus assez de sucre. Plus assez d’eau. Quelque part on leur a fait la peau.
Pour nous rafraîchir, guère le choix que d’inventer, fabriquer, de manière artisanale, des barrières au soleil. Le soleil. On ne voulait plus le voir.
J’ai acheté des rideaux blancs chez Ikea (c’était les moins chers en coton et de bonne longueur), pas totalement opaques. Je les ai placés partout devant les fenêtres, à l’extérieur et à l’intérieur. On a fermé les volets. Toute la sainte journée. Ne rien voir pour respirer. Vivre dans le noir pour espérer sortir le soir et respirer.
J’ai mis des draps sur les plantes. En fait, j’ai ressorti du grenier tous les tissus de récupération que je voulais utiliser un jour pour dessiner et peindre. Pratique. Vous savez les tissus que j’utilise pour ce genre de choses :

On a mis du blanc de Meudon en juin sur la véranda pour espérer continuer à peindre dans mon atelier. On a mis des couvertures de survie découpées en juin contre les velux (depuis l’extérieur) pour gagner 2 degrés de moins dans le grenier. J’avais acheté ces couvertures l’année dernière pour faire un sac de pharmacie d’urgence.
On a ouvert toutes les nuits pendant plus de 8h le grenier afin de laisser échapper la chaleur par le toit. Cela nous faisait gagner 5 ou 6 degrés la nuit (passant de 32 degrés en fin de journée à l’intérieur à 26-27 puis 24 au matin à 7h-8h). L’appel d’air est suffisant pour bien fonctionner avec une fenêtre de toit au nord. Pendant la canicule à 42 degrés, il faisait 30 toute la journée à l’intérieur, on pouvait avoir jusqu’à 32-33 degrés le soir pendant 5h (17h à 22h) en rez-de-chaussée. 42 dans le grenier. 42 dans la véranda. 35 à 41 degrés sur le mur ouest, surtout lorsqu’il faisait 30 degrés à minuit dehors côté rue. J’ai peur pour 2050.
En ce moment ça retombe. Dormir à plus de 25 degrés, certain•es le vivent très bien et moi, pas du tout. À cause de mes pathologies, mon corps augmente sa température et est très inflammatoire la nuit. Ce qui fait que 26-27 surtout s’il fait humide est insupportable. Et j’ai la circulation sanguine qui fait comme une sensation de brûlure et m’empêche de dormir. Je vais donc envoyer balader les médecins qui me disent d’aller faire une cure dans le sud.
Pour contrer l’inflammation, comme je n’ai pas le droit à certains médicaments, il fallait faire des douches tièdes toutes les 2-3h et porter contre soi des glaçons entourés d’un torchon. Faire des bains de pieds dans l’eau froid. D’ailleurs à 29-30 degrés la journée il fallait mettre la plupart des médicaments et aliments dans le frigo.
Personne ne m’avait dit qu’en 2026, nous allions vivre la prédiction de 2036 ou de 2050.
J’ai regardé mes dvd et mes livres. Certains, dystopiques, parlent de 2001, de 2030, de 2040, de 2060, de 2100, comme nos horizons possibles (avec montée du fascisme et réchauffement climatique).
Ci-dessous : photographies de tous les doubles rideaux, à l’extérieur et à l’intérieur -> volets clos, mais légèrement entrouverts pour la luminosité. Descendre les stores-auvents lorsqu’on en a. Pour empêcher les rayons du soleil à un certain angle.




Dans l’atelier véranda : blanc de meudon. Rideaux. Porte ouverte le matin. Il fait 23-25 degrés jusqu’à midi. Puis jusqu’à 30 l’après-midi. Lors de la canicule à 42 degrés, il faisait 42 dans la véranda.

Ne pas allumer l’ordinateur toute la journée (-1 degré). Pas de télévision. Gagner un degré. Pas de lessive. Gagner un degré. Pas de lave-vaisselle. Gagner un degré. Pas d’usage du four ou de la plaque. Gagner un degré. De la cuisine froide. Gagner un degré. Mais pas toujours digeste. La maison reste sale. Mal rangée. Errer avec la voiture 15min pour ressentir la Clim sur sa peau. Traîner dans les centres commerciaux climatisés. Faire ses courses tôt le matin. Traîner dans les parcs à 23h.


Boire.
S’hydrater avec de l’eau (2 à 2,5L par jour). Remplir une gourde en métal (Thermos pour garder l’eau fraîche!) plutôt qu’un verre pour se rendre compte de ce qu’on boit. Se couvrir d’eau. S’évanouir dans l’eau. Fusionner avec l’eau. Traverser une rue et voir des écoles et crèches qui déroulent des couvertures de survie sur les baies vitrées. Entrer et s’engouffrer dans la voiture où il fait 52 degrés !!!!
Un ventilateur qui est un peu cassé (trop penché en avant, une tige doit être courbée dedans) maintenu derrière le canapé pour rafraichir lorsqu’on est assis.
Le seul endroit « frais » reste le couloir avec le carrelage et la chambre plongée dans le noir. Le couloir est trop étroit pour y dormir. Un second ventilateur acheté en mai, permet d’en avoir un dans chacun de nos espaces de travail.


Dernier recours : dormir dehors sous une tente ou une moustiquaire. Ce que j’ai fait. C’était très agréable. Enfin, j’ai pu ressentir la fraîcheur du sol la nuit et au petit matin. Et entendre les oiseaux venir se baigner dans la bassine d’eau juste à côté.
Maintenant, lorsqu’il fait 38 degrés dehors, il fait jusqu’à 24 -25 degrés le matin et 28 degrés le soir dans la maison, et c’est mieux quand même. C’est « vivable ». « vivable is the new agréable ! ».
Recette Blanc de Meudon
Le blanc de Meudon (craie en poudre) sert traditionnellement à badigeonner les vitrines pendant des travaux, pour les rendre opaques tout en laissant passer la lumière.
Recette classique
- Blanc de Meudon en poudre
- Eau
Proportions et préparation
- Mélangez le blanc de Meudon avec de l’eau jusqu’à obtenir une pâte assez liquide, façon “lait” épais — grosso modo 1 volume de poudre pour 1 à 1,5 volume d’eau, à ajuster à l’œil.
- Laissez reposer quelques minutes puis remuez bien pour dissoudre les grumeaux.
Application
- Appliquez au gros pinceau, à l’éponge ou au rouleau sur une vitre propre et sèche.
- Une seule couche suffit généralement pour l’opacité ; deux si besoin.
- Pour un effet régulier, travaillez par mouvements croisés (horizontal puis vertical).
Pour enlever ensuite
- Ça part très facilement à l’eau tiède et à l’éponge, ou au jet, sans laisser de trace — c’est tout l’intérêt du blanc de Meudon par rapport à une peinture.
Vous trouverez le blanc de Meudon en poudre en droguerie, magasin de bricolage ou parfois en jardinerie.
Ressources canicule :
- Conséquences et séquelles : https://m.youtube.com/watch?v=r7Gz1cYvX4c&ra=m
- La ville verte devient vitale : https://m.youtube.com/watch?v=bV9pa172V0k&t=216s&pp=ygUIQ2FuaWN1bGU%3D
- J’habite dans un pays à 58 degrés : https://m.youtube.com/watch?v=kJJ2dqBB9eE&ra=m
- Podcast Soluble : https://m.youtube.com/watch?v=GPgthKSeWww&pp=ygUUbWFnYWxpIHJlZ2hlenphLXppdHQ%3D
- Décarboner et révolution sociale : https://m.youtube.com/watch?v=26EC94XHHSc&pp=ygUUbWFnYWxpIHJlZ2hlenphLXppdHQ%3D
« Une Clim c’est un frigo avec une porte ouverte » – Sismique
https://pca.st/episode/2107d1a2-b240-486d-b6f2-a2e6d26032b5
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