Chères tous et toutes, je n’ai pas beaucoup dormi cette nuit. Il faisait trop chaud. J’ai entendu des moustiques suicidaires me rentrer dans la tête toute la nuit, après que j’ai fui ma tente, car, d’habitude peu effrayée par les arachnides, j’ai découvert une araignée trop grosse et trop proche de mon visage (qui attaquait une deuxième araignée dans la tente) pour dormir sereinement, et je n’ai pas réussi à la sortir de la tente dans laquelle je dormais à la fraîche. Bref. Pardon je suis bête, araignée 🕷️.
Recette de confiture de peau de melon
Je voulais aussi ajouter que, suite à mon billet J’ai confit des trucs, j’ai fait de la gelée -confiture de melons. Comment ? Avec de la peau de melon bio bien lavée (il restait de la chair dessus), 350g de sucre et de la pectine. Puis 50g de sirop de gingembre. 🫚 Eh bien c’est validé. Délicieux !! Par contre, j’y ai passé 2h.



Dans ce billet de blog je vous fais les recommandations de ma bibliothèque comme chaque été. C’est surement les mêmes recos que l’année dernière.
Recos littéraires
À glisser dans vos biblis
Comment achetez-vous vos livres ? Personnellement, chers livres, il y a certaines thématiques qui me plaisent chez vous. Il y a de grande chance que si vous parlez d’écologie, de sorcellerie, de magie, d’université, de science fiction, de fantastique, de botanique, de plantes médicinales et d’aventures féminines, dans un pays étranger, vous tombiez dans mes escarcelles. Cette liste (partie 1) mélange les époques, les continents et les tons — du fantastique historique à l’autofiction, en passant par le nature writing et le conte japonais. Voici ce qui m’a fait de l’œil ces derniers temps, et pourquoi je vous les recommande.
Babel de R. F. Kuang

Impossible de ne pas commencer par lui : une tour gravée à l’encre de Chine sur la couverture, et à l’intérieur, une uchronie flamboyante autour de la traduction, du colonialisme et du pouvoir des mots à Oxford au XIXe siècle. C’est plutôt le nom propre « Oxford » qui m’a fait acheter ce livre. Du reste, j’avais déjà lu Yellowface de l’autrice et je savais sa capacité à inventer des histoires extrêmement bien informées. Un roman dense, exigeant, mais porté par une écriture qui ne lâche rien. Idéal si vous aimez les univers où la magie a des règles précises et des conséquences politiques bien réelles. Il me faisait de l’oeil depuis longtemps et j’ai mis trois semaines à le lire. Haletant, riche (bien documenté), original, décolonial, et page turner jusqu’à la fin. Un peu long. 779 pages. Sorti en poche.
J’en ai déjà parlé ici :
Encabanée de Gabrielle Filteau-Chiba

Direction le Québec, dans une cabane isolée au cœur de l’hiver. Ce court roman en forme de journal suit une femme qui choisit la solitude et la nature sauvage pour échapper à un monde qui l’étouffe. Une écriture sensorielle, presque brute, qui donne envie d’aller respirer dehors. Parfait pour une lecture au coin du feu. Même si la conclusion d’une telle expérience vous laissera peut-être de marbre, sa description permet de mettre en contraste notre vie quotidienne confortable dans un monde capitaliste versus une vie dans un milieu naturel hostile, dépouillée et déconnectée de la société. Revenir à la nature passe -t-il aussi par un retour à une forme de bestialité ?
Le fruit le plus rare, ou La vie d’Edmond Albius de Gaëlle Bélem

Le destin méconnu de l’esclave réunionnais qui a découvert, enfant, la technique de fécondation manuelle de la vanille — une découverte qui a fait la fortune de tout un secteur sans jamais profiter à son inventeur. Gaëlle Bélem restitue cette vie avec une prose vive, une écriture sensible, un patois, et souvent un ton ironique. Un roman qui répare une injustice de mémoire, primé et salué par la critique. C’est une biographie historique romancée très réussie à mon goût. Le roman est court et facile d’accès. L’histoire peut être difficile pour qui n’aime pas les injustices …
La lune est un roman de Fatoumata Kebe

Lu il y a fort longtemps. Un essai qui se lit comme une déambulation : histoire, mythes et légendes lunaires à travers les cultures et les siècles. Écrit par une astronome, c’est le genre de livre qu’on picore le soir, un chapitre à la fois, pour retrouver un peu d’émerveillement. Paru chez Slatkine et compagnie. Livre court et très facile à lire.
Les douze tribus d’Hattie d’Ayana Mathis

Une saga familiale afro-américaine qui traverse le XXe siècle à travers les enfants d’Hattie, partie du Sud rural pour Philadelphie dans les années 1920. Chaque chapitre donne la parole à un enfant différent, comme autant de facettes d’une même blessure transmise. Bouleversant et magistralement construit. J’avais lu ce livre il y a quelques temps et j’avais été très émue. Lorsque je garde un bouquin dans ma bibliothèque c’est qu’il continue à me hanter, et que j’ai besoin d’y revenir de temps en temps. Roman assez long mais qui se lit très vite, car l’histoire est addictive et émouvante jusqu’à la fin. Mouchoirs recommandés.
Les années d’Annie Ernaux

Un incontournable. Qui suis-je pour vous en parler ? Ernaux y réinvente l’autobiographie en racontant non pas « je » mais « on » : plus de soixante ans d’histoire collective française vus à travers les objets, les publicités, les photos de famille. Une manière unique de faire de la mémoire intime une mémoire partagée. C’est un livre exceptionnel dans son genre, qui mérite bien des prix et qui nous plonge instantanément dans ces années-là. Un roman juste. Précis. Émouvant. Un roman court, comme tous les Ernaux.
En-dehors d’Angela Lugrin

Un texte plus confidentiel, publié aux éditions Isabelle Sauvage, qui explore la marge, l’exil intérieur, ce qui reste « en dehors » des cadres. L’autrice nous raconte la vie d’une femme qui enseigne aux détenus à la prison de la Santé à Paris. Ce roman et un documentaire Arte m’avaient convaincue que j’aimerais beaucoup faire cela aussi. On y rencontre le personnel de la prison ainsi que les prisonniers, sans pathos et sans clichés. Une écriture exigeante, pour qui aime la littérature qui prend son temps et ses détours. Roman court, mais difficile à lire.
L’été de la sorcière de Nashiki Kaho

Direction le Japon pour clore cette liste en douceur : une adolescente hérite du savoir occulte de sa grand-mère sorcière et doit choisir sa propre voie entre deux mondes alors que sa famille se déchire. Une écriture délicate, entre conte initiatique et roman de passage à l’âge adulte. Vous comprenez aisément pourquoi je l’ai acheté ? Ce petit roman est une pépite. A défaut d’être réellement « cozy », il est aussi un drame social bien écrit sur la fin de l’enfance et le début de l’adolescence, le refus du passage vers l’âge adulte et le refus de ressembler à ses parents.
Le goût âpre des kakis de Zoyâ Pirzâd

Lu il y a des années déjà, c’est vraiment un livre qui donne un goût d’été, un dépaysement et qui dépeint une réalité sociale amère pour les femmes iraniennes, les femmes des familles déplacées, déracinées, désenchantées, entre autres. Un recueil de nouvelles signé par l’autrice irano-arménienne, qui excelle dans l’art de saisir l’intime : couples, familles, non-dits, petites lâchetés et instants de grâce du quotidien. Sa plume est délicate, tout en retenue, et laisse infuser une mélancolie douce-amère — un peu comme le fruit du titre. Un livre à savourer nouvelle par nouvelle, sans se presser.
Et vous ? Quelles sont vos recos ?
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